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Voyage à Raja Ampat (1/2) : Out of Range (*) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
20-01-2010. Lu 4740 fois.

(*) hors de portée


Cette histoire en deux parties commence là où la précédente s’est terminée, en Indonésie, à Lembeh en mai 2008. C’est à cette période que j’ai entendu parlé de la première fois de Raja Ampat, région encore relativement inexplorée au cœur du Triangle de Corail, là où règne la plus forte biodiversité marine tropicale. Cette région est pour les uns l'ultime destination où il faut aller plonger, pour d’autres une destination hors de prix et aléatoire tant dans la qualité des prestations que des plongées. Bref, une région reculée difficile d’accès avec son lot de mystères et d’aventures en perspective.

A l’issue du séjour à Lembeh où pendant 15 jours, nous avions passé la tête dans le sable volcanique à contempler des créatures bizarres, c’est donc à Raja Ampat que 1 an et demi plus tard se jouerait le second chapitre indonésien.

Il nous fallût trouver un bateau, la dizaine de voiliers de croisière permettant l’exploration de cette région se remplissant très vite, pour certains plus d’un an à l’avance. Ce fût le MSY Seahorse qui devait nous permettre d’explorer la région. Il y a pratiquement pas de complexes hoteliers dans la région et les quelque uns nécessitent plusieurs heures de bateaux taxis.

Puis il nous fallut trouver un vol intérieur « fiable ». Toutes les compagnies aériennes locales sont sur les listes noires européennes et aucune n’a encore atteint le stade de l’e-ticket. Bref, il faut passer par l’agence de voyage qui passe par un agent local pour obtenir un ticket papier. Au propre comme au figuré. L’occasion de constater que l’Indonésie à l’image de la France aime la paperasse. Il faut bien 20 minutes pour éditer un titre de transport.

A Jakarta, il faut déjà passer quelques comptoirs pour avoir le Visa touriste de 30 jours, le temps de payer, de recevoir un coup de tampon comme quoi ça a été payé puis de récupérer une fiche, de remplir la fiche et d’avoir le tampon sur la fiche et le passeport. Ensuite sur le vol Expressair, le billet est rempli à la main avec une orthographe du nom assez aléatoire (au retour, la carte d’embarquement marquera simplement « Lionel » ) avec ensuite des visas pour l’enregistrement des bagages, le reçu de la surtaxe et ainsi de suite avant d’aller ensuite payer la taxe locale d’aéroport (40000 rupiah à Jakarta, 21000 à Sorong, 150 000 en quittant l’Indonésie sachant que 9200 rupiah équivalent à 1 dollar américain).

Ce fût donc un vol local allant de Jakarta à Sorong via Makassar sur Expressair pour 780$. Environ 5-6h d’avion escale comprise. Expressair est apparemment la seule compagnie vraiment fiable question horaire car les vols intérieurs vers Sorong sont généralement accompagnés d’une certaine latence qui oscille entre une poignée d’heures de retard à l’arrivée ou l’absence de vol. Prendre en compte ce facteur à l’aller comme au retour est impératif et en plus d’une assurance personnelle pour la plongée, pour l’équipement, il m’a paru utile de souscrire une assurance comprenant un dédommagement « vol manqué » par sécurité à 80 euros. Il faut savoir en effet qu’une « fausse correspondance » manquée c’est à dire un vol retardé sur la compagnie A qui fait louper le vol suivant sur la compagnie B n’offre en général aucune indemnité. Sans assurance adéquate, cela signifie qu’il faut éventuellement payer un nouvel vol sur la compagnie B. Le prix de la tranquillité coute 80 euros. La plupart des assurances voyage ne comprennent pas ce cas de figure.


Pour rejoindre Jakarta, j’ai eu au préalable 2 vols sur Qatar Airways de Paris à Doha puis de Doha à Jakarta pour 775 euros. Le poids du matériel sur ce genre de séjour est contraint par le poids autorisé en soute et cabine et avec du matériel plongée et vidéo, forcément c’est très serré. A l’aller j’ai réussi à paqueter 21kg sur les 20 autorisés par Expressair et Qatar Airways. Qatar Airways ne m’a rien fait payer. Heureusement parce que le kilo supplémentaire tel que me l’a indiqué un représentant de la compagnie à Paris est de 67 euros. A l’inverse Expressair surtaxe les kilos en plus 3-4$ ce qui est dérisoire en comparaison avec les compagnies internationales. Au retour j’avais 19kg car j’ai laissé des trucs sur place notamment tous les produits style dentifrice.

Le poids de 21 kg fût un petit challenge et exploit en soi car il a fallu se creuser la tête pour alléger au maximum le poids. Le caisson video avec sa caméra pèse 7 kg et il était impératif pour des raisons d’assurance matériel qu’il aille en cabine. Ce poids en moins il reste le phare et tout le reste. Mon matériel de plongée a subi des cures minceurs. Le sac Tribord à la base est relativement léger. Mon détendeur a eu tous ses flexibles remplacés depuis longtemps par des Miflex plus légers. Je privilégie également les détendeurs DIN plutôt qu’étrier. mais là ne sachant pas quoi prendre ce fût étrier Ensuite ma stab, une cressi Aqualight utilisée uniquement en voyage est ultra légère puisqu’elle n’a pas de backpack rigide. En considérant un choix de matériel léger et essentiel on y gagne. Un gros gain de poids a été d’avoir des palmes démontables, les défuntes Variant de Sporasub. Ces palmes d’apnée, démontées entrent parfaitement dans le sac à dos cabine et font gagner 3kg. J’ai également travaillé sur les cables éléctriques indispensables pour les équipements en les raccourcissant au besoin. Bref, à force de se creuser la tete et de gagner 50g par ci et là, on allège considérablement le sac.

La presque quarantaine d’heures de voyage à l’aller comme au retour furent longues, fatiguantes mais sans encombre. Une mauvaise note pour l’aéroport de Doha au Qatar qui en classe éco est un endroit à l'ambiance froide, avec pas mal de monde et sans grand intérêt (hormis peut-être au retour la bagarre en plein duty free rapidement matée). Les vols sur Qatar Airways m’ont permis de voir des films intellos comme je les aime comme G.I. Joe, G-Force, Lol ou OSS 117 et de manger de la bouffe d’avion dégueux comme dans tous les avions en classe éco.

L’aéroport de Jakarta est un lieu que l’on a envie de fuir rapidement. Tout est mal indiqué. Beaucoup de monde en plus des locaux qui essaient de vous emmener en taxi n’importe où ou de vous vendre une contrefaçon quelconque. Par contre, contrairement aux autres aéroports du coin, il y a un hotel de transit fort appréciable pour attendre entre les vols à environ 100$ la nuit. Mais là encore la réservation est compliquée et il vaut mieux passer par un agent de voyage.

Une paire de milliers de km en plus et nous voilà à Sorong, dernier avant-poste de la civilisation, capitale locale en développement ce qui ne va pas forcément avec l’aspect eco et protection de l’archipel de Raja Ampat. En tout cas, l’ambiance est différente entre les vaches sur le bord de la piste et les enfants qui vous font des signes sur le tarmac alors que l’avion à quelques mètres d’eux est en train de mettre les gaz pour décoller. Choc des cultures. L’aérogare lui-même ressemble à rien et la récupération des bagages est disons un processus très manuel puisqu’il n’y a pas de convoyeur. Cicci, la représentante du Seahorse nous a récupéré avant de nous emmener dans un port de pêche pour embarquer sur une barge en alu vers le Seahorse et d’être accueilli par Nathan , le directeur de plongée par interim, un belge francophone installé en Espagne depuis 20 ans et dépêché depuis l’hiver dans le coin pour faire face au changement d’équipage du navire.
 


Ce changement d’équipage est sans doute le gros point négatif du voyage car à la place de l’équipage précédent qui connaissait bien la région, le staff est assez inexpérimenté et cela s’est ressenti tout au long du séjour laissant certains d’entre nous sur notre faim par rapport aux coûts élévés engagés pour ce séjour. Car il faut bien dire que tous frais confondus, ce séjour aura coûté entre 4500 et 5000 euros pour 15 jours. Ce serait injuste de jeter la pierre à cet équipage du fait de son inexpérience car ils ont quand même fait beaucoup pour nous satisfaire sur la base de nos suggestions et demandes mais au prix du voyage, la pilule passe quand même difficilement. Les 12 passagers étaient tous des plongeurs exigeants avec une certaine expérience des voyages derrière eux dont un journaliste spécialisé plongée/matériel d’un grand magasine anglais. Il est clair qu’à terme, la qualité des prestations devrait normalement être meilleure que ce que l’on a eu.

Le MSY Seahorse est un voilier relativement bien entretenu. Il y a eu quelques problemes avec les averses torrentielles qu’on a eu et un passager a dû changer de cabine après avoir été inondé durant son sommeil. Le staff a bossé à corriger le problème.

La « camera room » pour assembler le matériel photo et video est fonctionnelle avec son lot de prises éléctriques mais elle est à proximité de la cuisine ce qui ne m’a pas spécialement plu du fait du côté volatile de certains ingrédients lors de la cuisson. De même la pièce est relativement sombre et guère adaptée à plus de 5-6 personnees. Elle est gardée la nuit.



La bouffe était plutôt quelconque à mon goût mais le cuisinier a su prendre en compte les préférences alimentaires de chacun (végétarien, allergie à certains aliments, etc...). Les repas sont en dehors de cela les mêmes pour tout le monde et il est dommage qu’il n’y ait pas de buffets. La bouffe était occidentale, parce qu'apparemment les passagers supportaient généralement mal la nourriture indonésienne.

Typiquement, la journée commence à 6 heures par un petit dejeuner froid à base de fruits (pastèque, mangue, melon blanc) et gateau avant la première plongée. Après la plongée vers 9h, le petit déjeuner chaud arrive. Chaque jour un élément du petit déjeuner varie : noodle, l’infame chicken porridge ( !) , riz frit, soupe auxquels se rajoutent des œufs (omelette, plat) et du bacon ou une saucisse. Sur la durée du séjour, j’ai du mangé 3 tranches de bacon car celui ci est difficile à trouver donc rationné. Ca en dit long sur le côté reculé du coin. A l’issue de la seconde plongée de 11h, un thé glacé est servi puis le repas avec généralement une salade en entrée, un plat chaud et des fruits frais en dessert. A l’issue de la 3eme plongée à 15h, un gouter est servi. Après la quatrième plongée de nuit à 19h, un chocolat chaud servi puis le repas du soir vers 21h avec en entrée une soupe, un plat chaud et une patisserie, glace ou mousse en dessert. Si les sodas sont compris dans la mission, il n’y a pas de soda light et le Schweps, la bière coutent chacun 1$ la boite tellement ils sont difficiles à obtenir. Certains plongeurs se sont plaints de l’absence de crackers et autres cookies entre plongée. C’est vrai que ça manquait.

Bref, en dehors de ces points un peu négatifs pour le bateau, ce fût un très beau voyage qui nous a coupé pendant 10 jours de la civilisation. Plus de médias, de téléphone (même le téléphone satellitaire ne marchait pas), d’email. Nous naviguions à proximité d’îles désertes avec extremement peu de rencontres d’autres bateaux en mer (2 bateaux de croisière sur tout le séjour). De quoi faire oublier le côté expédition de la logistique de ce type d’aventure pour mieux se focaliser sur le côté plongée et image.



En ce qui me concerne, j’étais dans une configuration video « légère » avec 2 caméras HD Canon (HF-S10, HF-200) reposant sur des cartes SDHC, mon caisson Aditech, sa platine, son grand angle, une castorlight HID et une lampe à LED FantaSea. Pour l'informatique, j'avias mon petit TabletPC et un disque externe 2.5 pouces de 500 Go pour stocker les videos, disque autoalimenté par le port USB. Avec une moyenne de 20 Go capturés par jours, j’avais de la place. Le probleme c’est que cette config n’a pas été testée et au final j’ai eu quelques soucis avec l’autoalimentation du disque dur lors des transferts, l’unique port USB étant incapable de délivrer le jus pour le lecteur de carte et le disque dur en même. Certains fichiers ont été corrupus sur le disque et la carte SDHC de 32Go a également vu sa table FAT corrompue m’obligeant à utiliser une autre carte et la mémoire interne du caméscope pour continuer à bosser. J’ai récupéré au final les fichiers de la carte endommagée via l’excellent freeware français PhotoRec. J’ai également utiliser un logger GPS Holux M241 pour enregistrer le trajet du bateau. Il marchait très bien du hublot de ma cabine avec un pas d’enregistrement de 2 minutes.

En dehors de ces problèmes de geek au bout du monde, dans la deuxième partie de cet article, je vous ferai découvrir les plongées dans la région, plongées qui valent bien quelques petits efforts et frustations logistiques.


 
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