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Voyage à Raja Ampat (2/2) : Le règne des Wobbegongs Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
31-01-2010. Lu 9412 fois.
Après le premier article sur la vie sur le bateau et le long périple pour l'atteindre ce bateau, voici donc le compte-rendu de ce qui a motivé ce long voyage: la plongée. Ce fût un séjour intense puisqu'en 10 jours de plongée, 37 plongées de souvent plus d'une heure ont été réalisées, le tout au Nitrox 32 et sur des sites en marge de tout, aux conditions et rencontres variées.

La plongée sur le Seahorse est proposée 4 fois par jour. Au début de la croisière, chacun met ses affaires dans une petite cagette, monte son bloc et après plus rien à faire à part controler le nitrox, la pression et le bon positionnement de l’équipement. Le nitrox à 32% est bien utile pour enchaîner les plongées qui durent toutes entre 60 et 75 minutes. Les blocs sont des S80 aluminium à 200 bars. Il y a aussi des S90 pour les gros consommateurs d’air. Bref, de l’alu donc un peu de plombage. Je m’en sors avec 7 kg avec ma monopièce Scubapro 5mm spéciale "vacances-trop-loin-qu'on-sait-pas-où-c'est". Mais 3mm est suffisant ici et apparemment le bateau a même eu un client pour qui le maillot de bain était suffisant. L’eau était à 29-30°C. Pour les équipements photo ou video, des sacs de transports fort pratiques sont fournis. Ca c'est bien ! L’équipage se charge de transporter tout l’équipement sur les bateaux pour aller sur les sites. L’équipage était très au fait de la manipulation des caissons. Je n’ai par exemple pas eu besoin d’expliquer pour une fois qu’il ne fallait pas me passer le caisson en le tenant uniquement par les bras loc-line (ça casse sinon). L’ensemble du matériel bénéficie d’un bac combinaison et de deux bacs matériel photo.

Avant la plongée, un guide va vérifier le courant et il y a ensuite le briefing. Du fait du manque d’expérience des guides sur ces sites, le briefing était un peu limité à la topographie, au sens du courant et à l'éventuelle probabilité de rencontre (mais bon quand on vous sort qu'une fois, ils ont vu une seiche flamboyante, en général ça veut dire que de toute façon vous la verrez pas puisqu'ils ne l'ont vu qu'une fois...).

Il y a rarement un circuit imposé et comme tout bon chasseur d’images, il y a une part de feeling et d’expérience sur la plongée tropicale pour espérer des rencontres exceptionnelles donc l'improvisation peut être de mise… Ainsi des zones vendues comme peu intéressantes se sont révélées être les meilleurs moments de la plongée et inversement. Les plongées y auraient gagné si les guides avaient été plus expérimentés sur la région. Pour les photographes ou vidéastes, le guide est souvent l'oeil averti du plongeur étranger. Là on est peut-être passé à côté de plein de petites bestioles sympas parce nos guides ne connaissaient pas bien les subtilités de chaque site. Les guides de Lembeh étaient excellents. C'était un prérequis dans cette région où l'on cherche l'invisible. Ici on ne sait pas trop ce que l'on cherche, peut-être que les guides le savent... mais on finit par se lasser d'être appelé pour voir le 30eme hippocampe pygmée du séjour quand on cherche un blue ring octopus ou un antennaire.

La question du respect de l'environnement en particulier des sujets photo continue à me faire réfléchir sur la limite entre photo naturelle et mise en scène. Pour la majorité des passagers (on en a discuté), la règle était de ne pas influer sur les "compositions" au sens "on ne déplace rien". Bref, la politique maison c'est la non intervention. Si une prise de vue est merdique pour cause de bestiole peu coopérative, bin c'est comme ça. La nature n'est pas sur mesure. Il convient de signaler que le bateau a une bibliothèque « bestiole » très fournie et qui est incontestablement un plus tant les fonds et les habitants de la région sont variés. Cela ne change pas drastiquement les choses mais pouvoir identifier ce que l’on voit est souvent un objectif post-plongée pour bons nombres d’aficionados de ce sport et particulièrement dans les régions où il y a un véritable dépaysement sous-marin.

Mais revenons aux sites. Typiquement, le Seahorse reste à distance des sites soit via un mouillage profond, soit arrimé à une bouée. Le transfert du Seahorse vers les sites est assuré par 3 bateaux : une barge en aluminium fort confortable et deux pneumatiques moins confortables comme tout pneumatique plongée qui se respecte. J’ai testé les trois. Pas de problèmes particuliers.
 

 


La barge aluminium de transport des plongeurs.
 



Du fait des courants, la mise à l’eau par palanquée se fait par bascule arrière et en même temps pour tous les plongeurs (compte à rebours). On ne traîne en surface que pour récupérer les caissons soit généralement moins de 30 secondes entre le saut, la récupération du "package" photo/video et le début de la plongée. Les bateaux restent toujours sur les sites et si des plongeurs remontent plus tôt, un des pneumatiques fera le taxi entre la barge et le Seahorse pour ne pas faire attendre trop longtemps les plongeurs en surface. Cette routine est bien organisée d’autant que les temps de plongées des uns et des autres sont très variables.

D’une manière générale, l’impression qui se dégage est un type de plongée à la Maldivienne avec son lot de dérivantes, des tombants à perte de vue et des courants parfois importants autant dans les passes que le long des tombants. Mais des plongées maldiviennes un peu plus violentes notamment en matière de courants verticaux. Ce genre de voyage s’adresse à des plongeurs confirmés en bonne condition physique: les courants sont omniprésents, parfois la visibilité est réduite à moins de 10m, parfois on se retrouve seul le long d’un tombant dans le courant. Avoir un parachute, ordinateur et une assurance plongée sont obligatoires et il est largement répété que les secours les plus proches en cas d’accident de décompression sont à Manado (soit 800-1000 km) ou Singapour… sachant qu’au préalable il faudra rejoindre Sorong et que le bateau est essentiellement au milieu de nulle part entouré d’îles désertes donc pas de route directe et peu ou pas de moyen de communication. Il y a une pharmacie à bord mais elle ne permettra que de soigner les bobos de base des plongeurs de la tourista aux problèmes d’oreilles. Beaucoup de plongeurs ont d'ailleurs eu des soucis sur ce voyage souvent pour avoir abusé de l’air conditionné dans les cabines ou suite à ces rhum qu'on attrape souvent dans les transports.

Passons donc aux plongées.

Jour 1 : "Lembeh Ampat" - Ile de Batanta

Batanta est à 3 heures de bateau de Sorong si bien que certains passagers espèraient faire une plongée dès leur arrivée l’après midi sur le bateau. La nuit tombant tôt et la logistique ont repoussé la première plongée du voyage au lendemain. Cette première plongée était une plongée qui devait servir essentiellement à vérifier le plombage. Bref, sans grande surprise, on a commencé par un fond de sable histoire de ne pas bousiller le corail. Une plongée sur fond meuble, localement, c’est rapidement assimilée à de la muck diving ou plongée lunaire si vous préférez la langue de Johnny Haliday à celle de Britney Spears sauf qu’à mon sens, les plongées qu’on a eu sur ce site appelé « Algae patch », 3 sur les 4 n’étaient pas pour moi de la muck diving du fait du courant présent qui faisait qu’on ne pouvait guère espérer trouver le même genre de bizarreries de l’évolution qu’à Lembeh.

Raja Lembeh ou Lembeh Ampat
 
 
 


Au programme, des nudibranches essentiellement et je n’ai pas peur d’affirmer qu’une vidéo d’un nudibranche c’est foncièrement chiant tellement ça manque d’action. On a fait une grosse partie de la plongée face à un fort contre-courant ce qui fut assez fatiguant et un bon moyen de tester le QI des plongeurs avant de se laisser dériver vers un superbe petit récif corallien avec des nuées de poissons.

Un site pour les fans de nudibranches...
 


Pour cette première plongée, j'ai noyé la tête du HID. Le joint a quitté son logement durant le trajet en avion et j’ai oublié de vérifier que tout était en place. Heureusement, le ballast a un dispositif de protection visiblement puisque l'alimentation s'est coupée dès qu'il y a eu entrée d'eau. Bref il a suffi de sécher et changer l'ampoule pour repartir pour la seconde plongée sur le même site. Toujours autant de nudibranches, probablement au même endroit d’ailleurs puisque cela ne bouge pas très vite un nudibranche.


...mais aussi quelques squilles.

Cette fois, c'est l'électronique du caisson qui m'en veut puisque les batteries sont déclarées à plat. Cela ne m'a pas empêché de filmer des seiches en train de déposer des oeufs entre les coraux. Bien sympas. Retour au bateau pour comprendre que le chargeur lithium refuse les accus du caisson. J'examine les options possibles et opte pour un chargement a 3.6V des accus 3.0V plutôt que prendre les 3.0V que proposait la notice du chargeur.

Ca marche et cela sera fort utile pour la troisième plongée sur un autre site, une pente de sable qui ressemble à Lembeh sans en avoir (presque) les suspects habituels. La visibilité n’est pas terrible et la plongée finalement assez molle jusqu’à ce que je croise un petit poulpe mimic. Ils sont difficiles à observer et là la taille aida encore moins. Enfin, on a quand même eu l'occasion de passer 5 minutes avec le temps qu'il rejoigne son terrier, un trou vertical dans le sable puisque ces poulpes vivent enfouis dans le sable. Sur la fin il y avait aussi des troncs d'arbres en décomposition où j’espérai bien croiser un antennaire. Pas d’antennaire mais scène intéressante.
 

Mimic !


La quatrième plongée fût un retour sur le premier site (super…) balayé cette fois par un courant de marée inverse et très fort. On verra des seiches, des crabes orang-utang et candy avant de faire surface dans un nuage de beroes et salpes.

Le HID me plantera en cours de plongée. Pendant ce temps, Liz a découvert qu'un de ses flashs ne veut rien savoir et moi je démonte et remonte le HID. Ca marche capricieusement mais ca marche. Comme nous étions limités en bagages, forcement la trousse a outils pièces est absente...

Bref, une première journée sous le signe du sable. Si le choix du sable pour démarrer était évident, le choix de se concentrer sur les nudibranches était davantage un cadeau pour les photographes qu’autre chose car il y a d’autres sites à Batanta et faire 3 fois le même site était à mon avis un peu abusif. Une chose est certaine : ce n’est pas à Raja Ampat qu’on peut espérer faire le même genre de plongée lunaire qu’à Lembeh. De toute façon, nous ne sommes pas là pour cela donc ça tombe bien !
 

Jour 2 : "Plongeons sous la pluie" - Région de Daram

Nous avons navigué toute la nuit vers le sud. Il pleut averse depuis ce matin, même dans la cabine d’un des passagers , qui manque de bol est ici pour écrire un article plongée sur le bateau et les plongées, et donc comme partout, il y a peu de volontaires pour la plongée de 7h. Pour cette plongée très sombre du fait de l'absence de soleil nous sommes allés à Coral Street, un superbe tombant ou l'on croisera beaucoup de poissons dont un banc de perroquets à bosse. C'est dommage que la météo était mauvaise car cette plongée était très sympas et avec du soleil cela aurait été grandiose.

Le HID m’a planté à nouveau durant la plongée et sachant que j’ai une plongée de nuit prévue le soir, il me faut identifier et réparer le problème rapidement avec les moyens du bord. En démontant le bazar, je remarquerai une petite étincelle à chaque allumage dans la tête. Il y a un cours circuit rémanent du noyage de la tête. J’ai donc besoin d’un fer à souder et de duct-tape, la panoplie habituelle pour geek en déroute sur un séjour plongée en Indonésie. J’avais eu besoin des mêmes ustensiles à Lembeh, c'est un signe !

Après cet intervalle bricolage, la seconde plongée a lieu à Andiamo, un autre très beau tombant là aussi, à mon goût plus beau que Coral Street mais avec un peu moins de poissons mais plus colorés et des reliefs également plus découpés et un très beau jardin de corail près de la surface. J'ai utilisé pas mal le filtre orange sur cette plongée.

Pour la troisième plongée, il y aura un groupe qui ira à Coral Street et un petit groupe dont je fais parti ira à Candy Store. Andiamo était plus beau mais Candy Store était une plongée assez excitante avec un récif en forme de T avec une face exposée à un fort courant et une face calme avec un jardin de corail et des tombants. Sur le tombant, on verra les premiers hippocampes pygmées, grands classiques du coin avant de rencontrer dans un genre un peu grand mais tout aussi classique, dans un creux de roche, un requin wobbegong ou requin tapi qui a indéniablement certains airs de famille avec cette espèce domestique poilue de nos maisons que l’on appelle le paillasson. La bestiole fait environ 1m50. C’est un gros paillasson qui d’ailleurs en a le même comportement. A part être là mollement posé sur un palier de roche, la bestiole ne fait rien. Sur le retour, tantôt on se cramponnera pour résister au courant, tantôt on volera avec. Sur la fin on croisera un gros poisson pierre en train de lutter contre le courant. Je dois dire que cela fait bien parfois de voir qu'il n'y a pas que les plongeurs qui parfois ont des soucis avec le courant.


Premier requin Wobbegong (il y aura beaucoup d'autres rencontres...)
 
La quatrième plongée et première de nuit ici nous emmènera sur un tombant avec une petite pente de sable. Rien de bien intéressant pour moi au début avant de m’égarer volontairement sur le sable pour croiser un calmar attiré par mon phare. Plus loin, un des guides trouvera un syngnathe fantôme orné. Je remonte le long du tombant. Vers la fin de la plongée, on verra une grosse langouste dévaler la paroi avant de finir sur une gorgone suspendue dans le vide aquatique et de décider de faire le grand plongeon loin des photographes. Le HID a bien fonctionné sur cette plongée ce qui était assez nécessaire pour profiter de la plongée de nuit. Ouf !
 

Plongera, plongera pas ?
 

Jour 3 : "Plongeons sous les îles" - Ile de Walibayag

Autant le dire tout de suite, les jours qui suivent, dans cette région de Misool, nous allons voir énormément d’hippocampes pygmées. Là où à Lembeh ces minuscules poissons de l’ordre du centimètre étaient relativement rares, ici, il y en a à profusion parfois parfois à la dizaine sur les immenses gorgones qui dépassent le mètre de diamètre. Un guide en a compté 35 une fois sur une gorgone et sur ce voyage le record sera de 17.

Hippocampe pygmée (1cm environ)


Aujourd’hui le bateau est à proximité de l’île de Walibayag. Le temps s'est amelioré et pour cette premiere plongee dans la region nous irons a Neptune's Sea fans, un beau tombant bien vertical dans une passe avec peu de courant et qui se termine sur un fond de sable vers 25m. La vue est très belle mais on attendra désesperément des poissons dans le bleu. Ca manque d’action mais pour les photographes, les hippocampes pygmées sont là, difficiles à photographier mais en nombre cachés dans des gorgones superbes. La fin de la plongée sera plus poissonneuse avec des petits poissons sur un récif bien coloré.
 

Des gorgones partout

La seconde plongée aura lieu à Barracuda rock où comme son nom l'indique on ne verra aucun barracuda mais plutôt des platax curieux, certains allant même jusqu’à mordre les bulles des plongeurs. Quelqu'un apercevra un blue ring octopus. On a vu également un poisson crocodile et un poisson scorpion. C’est une plongée sans prétention. Initialement, l'organisateur nous avait proposé de retourner à Neptune's Sea Fan mais comme nous étions davantage intéressé par voir plus de poissons. Là c'était bien.

Plongée sous l'île avec des gorgones dans 5m d'eau.
 


La troisième plongée à Wedding Cake est dans le même style que la précédente mais avec plus de petits poissons. Les courants étaient bizarres et il y avait par moment un fort courant descendant. La plongée comprenait plus de gorgones mais j’ai surtout apprécié les 5 derniers mètres où nous étions au propre comme au figuré sous l’île. La structure géologique karstique des îles fait que les vagues dévorent petits à petits ces iles par le dessous si bien qu’en fait, on a terminé la plongée sous un champignon, l’érosion ayant formé une cavité partant de la surface. Le plafond est en soit bizarre car il est parfaitement horizontal et donne l’impression d’une plage inversée où les vagues ne seraient pas constituées d’eau mais d’air. Très étrange. La faune qui se développe sous ces cavités est constituées de gorgones jaunes. On est rentré au bateau sous une pluie battante avec plus aucune visibilité.

La plongée de nuit a eu lieu à proximité d’un des rares complexes hoteliers de la région, le Misool Eco Resort, à la recherche de requins épaulettes. Pas de requins épaulettes et pas grand chose à part des calmars. Ce qui est étrange c’est l’après plongée de nuit où le trajet vers le bateau nous fait passer dans la nuit noire à travers de gros filaments bioluminescents. Il fait noir dans le ciel mais la mer semble avoir ses propres objets célestes. Je n’ai jamais vu une telle bioluminescence.

Jour 4 : "Trois petites roches et puis s'en vont pas" - Misool Eco Resort

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas et c'est bien quand ca s'améliore puisque les poissons qui ont été plutôt timides jusque là ont fait leur apparition durant cette première journée d'un séjour de 2 jours près du Misool Eco Resort, l'un des rares complexes hoteliers de la région. La première plongée a eu lieu à Whale Rock. C’est un long tombant avec un passage balayé par du courant. Le tombant a peu d'interet c'est essentiellement le jardin de corail près de la surface qui est riche en bestioles a écailles notamment napoléons et mérous. On croisera une tortue sur la fin.


De très beaux jardins de corail sur ces roches

La seconde plongée à Nudi rock ressemble à Whale Rock. Le système des courants est relativement complexe et il y a là aussi un passage qui lui est fréquenté par des bancs de barracudas. Ce passage est très joli avec de nombreuses espèces de coraux, pas mal de poissons de récifs notamment des gaterins stoïques et autres platax. Là aussi nous verrons une tortue.
Gaterin stoïque

La troisième plongée est peut-être l’une de mes plongées préférées du séjour. Small Rock est un tombant riche en gorgones variées qui descend en pente relativement douce pour les standards locaux d’un côté et en mur de l’autre. A un moment il y a une passe extrêmement poissonneuse. J’ai eu l’impression que toutes les espèces étaient là à un moment de la blennie au napoléon en bassant par le requin. Je crois qu’en quelques minutes, j’ai vu plus de poissons qu’en 22 ans de plongée. Il faut dire qu’avec le système de marée, les courants changent en permanence et il y a des moments où l’intensité et la direction des courants font qu’il y a comme des heures de pointes dans le milieu marin. Une espèce de folie semble s’emparer de tous les poissons et on voit en quelques minutes passer tout et n’importe quoi.

La plongée de nuit fût à Ongko Island, une nouvelle fois à la recherche de requins épaulettes qu’on ne trouvera pas. A la place, des oursins crayons, pas mal de poissons, des xénocrabes, un hippocampe pygmée et le banc traditionnel de calmars pour finir. Mon binôme verra un blue ring octopus. C’est la bestiole que je cherche à filmer, en vain, durant ce voyage.

Jour 5 : "Misool Reloaded" - Misool Eco Resort

Je n’ai pas trop compris pourquoi le bateau a choisi de prolonger d’une journée la plongée sur cette région particulière. D’ailleurs je ne suis pas le seul. Même si les sites sont biens, j’aurai préféré
aller ailleurs et comme je ne suis pas le seul à penser ainsi, le groupe se divise entre ceux qui retournent sur les sites d’hier et ceux qui cherchent à expérimenter autre chose. Bon ce n'est pas un reproche à ce bateau en particulier car c'est un peu le plan qu'ont tous les liveboards localement. Personnellement, avec le recul, j'aurais organisé la croisière différemment pour maximiser le nombre de sites différents ou me focaliser sur le nord de la région.

Pour la première plongée, j’ai choisi d’explorer l’autre face de Small Rock. Les courants ayant changé, il n’y a pas la folie d’hier mais une énorme loche surveille les lieux et une tortue fera une apparition. La seconde plongée a lieu à Kalik, site vendu comme moyen par les guides mais finalement qui vaut le détour notamment pour le cadre avec sa roche karstique d’un côté, une eau couleur lagon de l’autre et le vert d’une forêt tropicale sans la moindre trace de l’homme.

La météo s'est améliorée mais pas la visibilité. Au début de la plongée, il y a un énième tombant sans fin qui amène à un virage séparant l’île d’un îlot. Dans ce genre de situation il faut s’attendre à du courant, donc à des bestioles. Je vois dans le bleu un énorme napoléon qui cache un peu plus dans le bleu d’énormes barracudas. Dans la zone exposée, il y a également de belles gorgones jaunes et au détour d’un rocher, un miracle. Oui, je pèse mes mots, un véritable miracle : une gorgone au bon endroit avec un hippocampe pygmée bien disposé à se laisser filmer, sans courant avec de quoi dese poser. Ceci dit, j’ai quand même passé 2 minutes à essayer d’avoir une prise de vue correcte de l’animal non sans débrayer préalablement tous les automatismes de la caméra. Sympas. Passé ce moment de geekerie à caractère biologique et subaquatique, je poursuis ma route et rejoins le groupe le long d’un petit tombant assez sinueux avec des cavités et des gorgones qui ressemblent un peu à des branches d’arbres qui pousseraient le long d’une falaise. Le coin sent le parking à wobbegongs mais on n’en croisera aucun à part une tortue qui fera surface en même temps que nous.



Les rencontres avec les tortues deviennent fréquentes

La troisième plongée est un retour à Nudi Rock où j’ai passé du temps dans la passe. Pas trop d’action hormis l’autoroute à barracuda. Bon les barracudas ça va mais ça va pas aussi bien que ceux de la Gabinière, mon terrain de jeu dans le Var, parce que ceux-ci restent quand même très farouches. Le reste de la passe où j’étais absolument seul était sympas pour refaire des plans de la veille d’autant que les poissons étaient plus ou moins au même endroit. Sur la fin de la plongée, j’ai passé 5 minutes avec une tortue très vidéogénique puis un banc de calmars en surface. Le
récif était nettement plus beau que la veille car il y avait un beau soleil.



Le récif près du passage à barracudas est de toute beauté.
 
 

Le soir je suis parti avec un photographe inaugurer les plongées de l’île de Fabiacet avec une plongée nocturne sur un tombant. Ce fût une très bonne plongée. Comme ça semble être l’habitude ici, il y a de grands moments où il ne se passe pas grands choses et des petits épisodes forts sympathiques. Tout d’abord, on a vu des gorgonocéphales énormes. Ces échinodermes sont monstrueux en comparaison avec l’espèce que l’on voit sur les côtes françaises. Il y a eu les habituels calmars et également 2 tortues. L’une devait faire 1m50, une espèce de monstre marin qui passait et l’autre était d’une taille plus correcte. Bref, c’était enfin une bonne plongée de nuit.
 

Gorgonocéphale (oui oui c'est bien un animal et très mobile en plus !)

Jour 6 : "Boo, c'est beau" – Ile de Fabiacet

La première plongée a eu lieu en pleine mer sur le site de Magic Mountain, une montagne sous-marine avec beaucoup de courant mais des eaux extrêmement claires, probablement 40 à 50m de visibilité ce qui changent des standards locaux chargés en nutriments. On devait voir des mantas et autres requins de récifs. Certains ont vu 3 petits requins, moi des barracudas et un poulpe de récif dans un joli jardin de corail parcouru par un courant violent mais pas de mantas à proprement parler jusqu’au retour au bateau où la palanquée restante a signalé 2 raies. J’ai donc été les filmer en PMT à contre courant. Expérience fatiguante.

Un sommet coloré qui décoiffe

Les trois plongées suivantes furent à Boo rocks, un très beau site. Je ne vais pas trop me plaindre d’avoir fait 3 fois la même plongée car j’ai eu des boulettes sur boulettes avec le caisson video. A la première plongée, une batterie de la carte de pilotage était sortie de son logement. A la seconde, l’appareil était bloqué en mode photo ce qui fait que j’ai pu faire de la vidéo qu’à partir de la troisième plongée ce qui fût très bien au final. Boo est un très beau site avec pas mal de poissons, un plateau coloré, un tombant, des coraux mous multicores. L’ensemble forme une composition très colorées et diversifiée avec à un endroit une sorte d’arche près de la surface. Sur une partie reculée du site, il y a 3 pics qui descendent vers 40m et qui demeurent couverts de gorgones. L’ensemble est riche en poisson. On verra des syngnathe fantomes ornés, un wobbegong mais le clou du spectacle est sans doute cette immense raie marbrée de peut-être 2m d’envergure qui passera tranquillement à proximité de moi. Le reste de la plongée a été bien tranquille a filmer les petits poissons et le récif. J’aurais également le plaisir de voir passer un banc de perroquets à bosse.
A Boo, le récif est extrêmement coloré...



... et même le site de plongée vu de la surface est particulier
 

Jour 7 : "Wild wild south" - Ile de Farundi

La visibilité fût très réduite dans cette région mais cette dernière journée dans le sud réserva elle aussi un certain nombre de bonnes surprises. La première plongée devait être initialement Farundi Cave mais un autre voilier étant déjà sur le site, ce sera Wagmab wall. C’est bien pour la macro Wagmab wall. Sauf que Farundi Cave était un site « grand angle » donc les photographes sont équipés au final en grand angle pour un site macro où la visibilité est de l’ordre de 10m. C'est ballot. Même le briefing semble décalé car la fin de la plongée était supposée être ennuyeuse et fût particulièrement excitante alors que le reste de la plongée fût assez moyen. Bref, avec un nom en « wall », il y avait forcément un tombant au programme et encore plein d'hippocampes
pygmées sur cette plongee. Je crois qu’à ce « stade de l’aventure » comme ils disent dans les émissions de téléréalité, il n’y a guère que les guides pour être encore excités par ces rencontres microscopiques.

Xénocrabe cramponné dans le courant

De mon côté, j’ai croisé un très beau et gros xénocrabe suspendu à une gorgone en pleine eau donc chiant à filmer d'autant que le passage par mégarde d'une top modèle subaquatique perturbera encore un peu la scène avec des bulles en plus. Courant, pleine eau, bulles et focus manuel était donc au programme pour filmer cette bestiole en toute stabilité... Le xénocrabe n'a rien à voir avec le xenocrabe du jeu half-life qui lui n'existe pas en vrai et vit sur une autre planète. Un peu plus loin on verra, également un syngnathe fantôme orné. Deux wobbegongs ont également agrémenté la plongée de leur présence. Un couple de plongeur a vu passé deux raies aigles dans le « bleu » qui aujourd’hui était plutôt vert. La fin de la plongée fût extra car il y avait des nuages de petits poissons pélagiques un peu partout. Très sympas de les voir nager à grande vitesse tant dans le bleu vert que dans les cavités creusées par les vagues.

Syngnathe fantôme
 

Rush hour

La seconde plongée eut lieu à Farundi Cave, en fait un tunnel qui démarre à 2m pour terminer à 25m et une grotte. Le tunnel est fort joli, très large avec des jeux de lumière qui éclairent des hydraires. Au fond, il y a des nuées de poissons hachettes. Liz et moi avons pris pas mal de temps pour faire des clichés ou scènes d’ambiance avant de rejoindre la caverne. Cette caverne rejoint la surface par des petits orifices impénétrables mais par lesquelles la lumière traverse. Beaucoup de déchets organiques au fond et je cherche une bestiole bizarre parmi les déchets sans succès. La beauté de cette caverne c’est sans conteste les bancs de boissons, probablement plusieurs milliers répartis en murs de la surface jusqu’au fond. C’est impressionnant. On croisera également un poisson crocodile.

Jeux de lumières dans le tunnel


La troisième plongée aura lieu à Three sisters. Le briefing suggérait un parcours complexe où il fallait suivre le guide. Le problème de ce voyage c’est que le guide était parent avec Speedy Gonzales, disparaissant dans des contrées où aucun touriste n’arrive à aller. Bon c’est pas un vrai problème pour les photographes ou vidéastes confirmés plutôt adeptes des plongées solos pour bosser tranquillement mais ça peut l’être si la perspective d’être au milieu de nulle part, seul le long d’un tombant près d’une passe, dans le courant vous dérange. Donc, John, Liz, probablement Jim et moi-même, nous nous sommes pommés à différents moments sur ce site. J’ai rencontré à un moment une palanquée allant en sens inverse ce qui suggère que j’étais pas forcément dans le bon sens sur le sentier. Enfin, bref c’était pas grave puisque le programme « écailleux » a été bien rempli de petits poissons de récifs mais également un juvénile de platax. Il faut savoir que le platax juvénile est différent dans la forme et les couleurs du platax adulte et également très peureux. Après j’ai poursuivi ma route sur un plateau avec un assortiment de différentes espèces d’anémones et de poissons clowns avant d’arriver au bout du récif et d’être complètement décoiffé par le courant. Il n’y aura pas de plongée de nuit ce soir là car nous ferons route avec une petite tempête vers la mangrove de Gam soit 14h de route.

Platax juvénile
 

Jour 8 : "Des poissons dans les arbres" - Ile de Gam

Le temps s’est dégradé et les nuages ne sont guères engageant. Le bateau arrive au petit matin sur Gam avant d’aller s’abriter dans une baie avec deux canaux entourés par une mangrove. L’impression d’être dans un lac tropical est renforcée par le bruit des oiseaux dans la jungle environnante. Il est aussi curieux de voir les couleurs des récifs affleurer la forêt, en l’occurrence, des palétuviers.



Au calme dans la mangrove

La première plongée fût à Citrus ridge. Plongée somme toute assez quelconque dans une passe avec son lot désormais habituel de barracudas et un courant de folie. J’avance au fond à l’aide du reef stick avant d’être après une pointe embarqué par un contre-courant. Passé la passe, un petit récif sans prétention mais très coloré. Pas énormément de poissons par contre donc au final une plongée colorée mais quelconque.
Des barracudas passent...
 

Les deux autres plongées furent passionnantes puisque dans la lignée des expériences sous-marines bizarres comme je les aime. Il s’agit de plonger dans la mangrove, là où la mer rencontre la forêt. La mangrove est un écosystème particulier où arbres et coraux se rencontrent, où une faune particulière vit. En parlant de faune, c’est aussi là où l’on peut croiser des crocodiles de mer. Il y a quelques mois, un gars s’est fait attaquer dans une autre mangrove par un crocodile de 5m. Bref, j’aborde cette plongée à la fois excité par cette nouvelle expérience mais également sur mes gardes. Le briefing indique qu’après la mangrove, il y a un récif corallien avec un sommet quelconque en terme de poisson.

Plongées sous les arbres

Dans cette mangrove, on y croise les célèbres poissons archers. Ces poissons sont capables de cracher de l’eau pour faire tomber des insectes dans l’eau. D’autres espèces comme ce baliste que je verrais en fin de plongée traînent verticalement à côté des branches en empruntant la couleur des branches histoire de mieux passer pour une branche. Plonger dans ce mètre et demi d’eau est étrange entre l’impression d’être dans la forêt et sur une barrière de corail. D’ailleurs en tentant de faire des plans mi air mi eau, je me mangerai des branches d’arbre en relevant la tête.

Poissons archers


Après une vingtaine de minutes passées dans les branches, je m’enfonce vers la partie supérieure de ce récif censée être sans grand intérêt. Il ne se passe pas deux minutes avant que je croise un serpent de mer, le tricot rayé. A Lembeh, un de ses congénères avait cru bon de se balader dans mon dos ce qui ne fût pas une expérience extrêmement agréable lorsque l’on sait que ce serpent certes placide est quand même plus venimeux qu’un cobra. Cette fois l’animal traîne dans son coin et ne prendra pas la peine d’initier un contact. Ce n’est pas plus mal.

Tricot rayé en patrouille

Un peu plus loin un superbe rocher couvert de coraux mous et des poissons hachettes partout. La soi disante partie inintéressante est en fait très intéressante car il y a beaucoup de poissons. Plus loin, je croiserai des bancs de poissons et passerai 5 bonnes minutes à filmer une tortue peu craintive.

Une roche "pas intéressante". Quoique...


Le temps passe et je décide de palmer un peu plus histoire de parcourir le site. Ca ne durera pas longtemps avant que je m’arrête pour filmer une seiche Sepia latimanus, l’une des deux plus grosses espèces de seiche au monde avec des bestioles dont le manteau atteint 50 cm et qui pèsent 10kg. Je continue mon sprint avant d’arriver sur une autre mangrove exposée au vent. Comme le fond est couvert de débris de bois remis en suspension par les vaguelettes, l’eau est plus trouble.

Retour au bateau avec une terrible question qui me traverse l’esprit : pourquoi y-a-t'il des cannettes de soda suspendues aux branches d’arbre ? Non c’est vrai c’est quand même grave cette question: on est au bout de la civilisation et il y a des cannettes de soda accrochée à des branches d’arbre. Je n’aurais sans doute jamais la réponse.

La plongée suivante est sur une autre mangrove. Le problème c’est que cette mangrove est aussi exposée que la seconde mangrove donc la visibilité est bonne sans être excellente et j’esperais surtout une surface de l’eau très plate pour filmer les reflets des poissons à proximité de la surface. Sans grand succès de ce côté-là, je m’enfonce sur le récif non sans avoir filmé des poissons nageant entre les branches et les feuilles d’un arbre. Ouais. Le récif est en soi assez poissonneux mais sans prétention. Je croiserai un requin de récif et comme sur ce récif apparemment désert , voyant le passage de poissons, j’avais prévu le coup en activant la mémoire tampon de préenregistrement de 3s sur la caméra, bin j’ai enfin une scène avec un requin de près. Yeah.

Des poissons dans les arbres

La dernière plongée est en limite de mangrove au crépuscule pour filmer des poissons mandarins. Comme à Lembeh, les plongeurs jouent aux pervers et regardent ces petits poissons s’envoyer en l’air. Et comme à Lembeh, filmer dans le noir, c’est quand même impossible et filmer avec de la lumière, ça fait sauver les petits poissons. Note pour les prochains voyages : ce n’est pas la même de refaire les plongées mandarins. Elles sont toutes pareilles.

Jour 9 : "La notice du site, tu suivras" - Dampier Strait

Dernière région du voyage et nous commençons par une plongée à Manta Ridge, un manta point. Les grands pélagiques aiment en général le courant. Cela a été une mauvaise idée de nous vendre la plongée comme devant être faite sans courant parce que c'est plus facile de prendre les photos là où le bouquin sur Raja Ampat disait à propos de ce site qu'il ne faut pas compter voir de manta s'il n'y a pas de courant.

Par conséquent, il ne fût pas surprenant de ne voir aucune manta sur ce site mais un cockatoo waspfish juvenile de 2 cm et un pegase sans oublier un wobbegong. Certes c'est une bien maigre consolation. On a attendu les poissons sans qu'ils viennent. C'est excitant une plongée où les plongeurs sont assis ou couchés sur le fond de sable en attendant l'arrivée des seigneurs des lieux. Il faut tromper l'ennui. Cela va du nettoyage de l'optique, des filtres, le resserrage de quelques vis sur la platine, des essais de fonctions sur des sujets bidons. Il est fort probable que les poissons locaux, en particulier les nettoyeurs des mantas sont au chomage technique durant ces phases d'inaction. Alors comme il faut bien s'occuper et manger, certains habitants des lieux ont cru bon de penser que les oreilles des plongeurs étaient des fentes branchiales et du point de vue plongeur, se faire mordre l'oreille par une sorte de girelle nettoyeuse, c'est assez douloureux. C'est donc une palanquée frustrée et pour certains avec des oreilles propres qui est remontée sur le bateau.


Oui c'est un poisson: le Pégase

La seconde plongée devait en principe effacer cette frustration avec au programme Cape Kri, l'un des sites célèbres de Raja Ampat. C’est un site très maldivien avec son tombant, son courant, ses gros bancs de poissons pélagiques. On croisera un requin gris, des barracudas, des carangues et un wobbegong le long d’une plongée dérivante sur probablement plus d’un kilomètre. C’était sympathique mais sans surprise en somme. Cape Kri fait partie des meilleures plongées de Raja Ampat au point qu’il faudrait faire ce site plusieurs fois car les courants et les visiteurs changent. On sent un gros potentiel ici. Malheureusement on ne fera qu'une plongée localement.

Un peu plus de traffic à Cape Kri

La troisième plongée est à proximité de l’île de Mioskron. Le briefing presentait ca comme une plongee peu engageante. Au final, ce fût une plongée excellente avec là encore barracuda et wobbegong mais surtout des nuées de fusiliers sur un flan du récif. Très très sympathique et bien coloré. De l’autre côté, on a croisé un juvénile de platax qui avait encore son liseret orange. Mais la surprise de la plongée, cela a été les barracudas qui bien que désormais communs ont d’abord effectué leur passage habituel à distance des plongeurs avant d’aller carrément se reposer sur le fond dans une zone à l’écart et sans courant. A la remontée, il y a eu cette espèce de folie liée à l’inversion des courants de marée, folie déjà observée quelques jours auparavant à Small rock : subitement, des poissons partout, petits, gros sans que l’on sache trop pourquoi. Bref, la plongée était sans prétention initialement mais fût probablement l’une des meilleures du séjour.

Des bancs de poissons très denses...



...sous l'oeil d'un wobbegong.

La dernière plongée de nuit du séjour fût à Free Wen, une pente récifale à proximité d’un village de pêcheurs auxquels il fallut demander l’autorisation de plongée au chef du village. Ca en valait la peine car cette ultime plongée fût une excellente surprise face à des plongées nuits finalement moyennes par rapport à Lembeh. Et c’est peut-être précisemment car l’on était typiquement dans une vraie plongée « muck diving » ce soir là. Outre toute sorte de nudibranches, on a croisé une danceuse espagnole, nudibranche que le guide ne connaissait pas, une dromie, mais surtout un lot de céphalopodes fort intéressants avec beaucoup de seiches, calmars et deux belles sépioles. On croisera également un wobbegong histoire de confirmer que le wobbegong de jour comme de nuit, ça ne fait rien du tout !
 

Une très jolie sépiole

Jour 10: "Toutes les bonnes choses..." - Dampier Strait et Sorong


Ultimes plongées en ce jour où nous sommes toujours à Dampier Strait avant de repartir vers Sorong pour le retour à la civilisation. La première plongée a eu lieu à Mike’s Point, un très bon site d’après les habitués de la région. Au final, un fort courant et relativement peu de poissons probablement parce que le courant était beaucoup trop fort. Donc une moitié de plongée qui n’a pas tenu ses promesses et une seconde moitié de plongée qui ne devait pas être très intéressante mais qui fût excellente puisque il y eut deux tortues, du requin, de la murène et dans le jardin de corail dans quelques mètres d’eau une superbe seiche latimanus qui déposait ses œufs dans les coraux.

Sepia latimanus
 


Retour au bateau où je commence à désassembler le matériel notamment la lampe et ma platine support maison. La seconde plongée s’annonce être un retour à Manta Ridge alors les 5 kg de mon éclairage n’ont plus lieu d’être d’autant qu’il me reste moins de 24 heures pour faire mes valises en séchant tout préalablement pour éviter de payer des surtaxes à cause de litres d’eau de mer qui seraient restés dans l’ensemble de mon matériel.

Donc Manta Ridge, c’était cette fois avec du courant et à l’issue d’une longue traversée en bateau du dédalle de récifs affleurant. Une très belle sur l’eau pour cette dernière sortie. La plongée en elle même fût exactement au même endroit, je veux dire sur les mêmes rochers avec à nouveau les girelles pour tenter de nous nettoyer les oreilles. Cette fois il y eut de l'action entre une énorme pastenague qui mangeait sur le fond, un requin de passage et deux raies manta que l'on a pu observer pendant une vingtaine de minutes. Un très beau spectacle. Le courant était effectivement beaucoup plus fort mais cela restait très plongeable et au moins il y avait du poisson à photographier.



Fly-by and then goodbye...


Ultime retour au bateau avant de passer le reste de la journée à sécher le matériel et à paqueter tout le bazar avant le retour vers l'occident.

Le mot de la fin

Reviendrais-je à Raja Ampat ? C’est pas l’envie qui manque mais c’est compliqué, loin et très cher pour des plongées à mon goût maldiviennes. Alors pourquoi aller si loin, si à mi chemin on peut trouver comparable. Disons le clairement, Raja Ampat est une destination fabuleuse, en marge de la civilisation, avec des décors superbes, un sorte d’écrin hors du temps, encore relativement inexplorée mais une destination à l’échelle des destinations tropicales avec un rapport qualité/prix peu compétitif par rapport à d’autres destinations locales ou plus proches comme les Maldives. Il est aussi clair que ce que l’on a vu, on ne le reverra pas du fait d’un essor économique et touristique qui colonisera peu à peu cette région. Aussi « Eco » qu’ils soient, les complexes hoteliers se développent et si l’absence de moyen de communication est un frein pour l’approvisionnement, peu à peu la civilisation avance. Bref, l’impression de paradis mais de paradis perdu domine et pose nécessairement comme à l’issue de tout voyage la question du voyage suivant.

Raja Ampat m’a quelque peu frustré par rapport à Lembeh en terme de vidéo. C’est le paradis pour les photographes. C’est une très belle composition artistique de la nature où il est difficile de savoir quoi photographier tellement il y a à photographier. Pour la vidéo, la composition artistique n’est pas assez mouvante en dehors des suspects habituels que l’on voit sur presque tous les récifs de l’indo-pacifique comme les tortues et autres poissons clowns. Bref, le potentiel en photo semble illimité alors que le potentiel video est assez limité hormis sur certains sites comme Mioskron ou la première mangrove de Gam. L’expérience de la mangrove fût d’ailleurs unique. J’aurais voulu en avoir plus.

Au final, à l’issue de ce voyage excitant, Raja Ampat me donne trois envies : retourner une troisième fois aux Maldives à la recherche d’animaux charismatiques comme les tortues, manta, raies aigles et autres requins baleines, retourner à Lembeh où je sais que le casting pour la vidéo est redoutablement riche alors que le décor est redoutablement pauvre, peut-être aussi parce que je suis en manque de poissons-crapaud et peut-être enfin, maintenant que j’ai atteint mon Everest de la plongée tropicale, aller faire l’Everest de la plongée froide : Norvège, Islande, Colombie Britannique et un jour Antarctique.

On dit que les voyages forment la jeunesse. Après une aventure comme celle-ci, j’ai l’intention de rester jeune longtemps.



 
 
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