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Maldives 2011: Re-addictif ! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
08-03-2011. Lu 4572 fois.
Comme d’habitude, la fin d’un voyage sert souvent d’accroche au suivant. Depuis l’épisode précédent de Raja Ampat, une certaine envie de retourner aux Maldives avait refait surface, envie renforcée par l’idée de faire un voyage avec différents potes. Bref, pourquoi ne pas retourner aux Maldives avec tout ce petit monde ? Donc 9 ans après « M’02 », le « projet/expédition M’11 » a pris peu à peu forme avec l’intuition omniprésente que ce serait un séjour intense après une fin d'année plutôt morose. Au final, tous les ingrédients étant là pour faire de cette troisième incursion un grand moment où les émotions furent souvent au coin des thilas qui parsèment les atolls de Malé Nord et Sud et Ari.
Cette fois, l’équipe de vacanciers était finalement peu orientée images puisque seul Pascal et moi-même étions orientés respectivement photo et video. Bon à nous deux, on avait quand même du très lourd question équipement au propre comme au figuré. Didier dit ‘Lorphie’ était là pour voir du gros (je parle de poissons) tout comme Olivier dit ‘Le Reiv’. Il y avait aussi quelques têtes connues de plongeur.com.

Tout ce petit monde s’est retrouvé d’abord à Paris pour prendre un vol vers Colombo sur Sri Lankan Airlines puis vers Ululé, l’île aéroport international des Maldives. Le service sur Sri Lankan est correct mais sans plus par rapport à Qatar Airways ou Singapore Airlines et l’amabilité de l’équipage était disons pas le point fort du voyage aller alors qu’au retour, rien à redire. Sur cette compagnie, on bouffe souvent sans échapper comme partout à l’infame barquette alu poulet/bœuf/riz/légume. L’équipement des sièges reste individuel et relativement limité à quelques films et quelques jeux videos. Disons que Sri Lankan Airlines est au niveau d’Air France en probablement un peu mieux. L’acheminement s’est fait sans encombre ni retard majeur dans un sens comme dans l’autre. Pour le poids, je m’en suis sorti à 26 kg pour le matériel de plongée sans le caisson dans mon sac à dos. Malgré du matériel optimisé pour les voyages, la video et l’éclairage continuent à peser lourd. Il y a encore des efforts à faire de ce côté-là. Côté jouets, j’avais cette année mon nouveau netbook permettant la lecture AVCHD sans problème, 2 loggers GPS qui se sont révelés forts utiles, le nouveau quadpod MK2. En équipement de plongée, gants et reef hook ont été des pièces indispensables du voyage pour gérer les nombreuses plongées à courant parmi les 19 réalisées en 8 jours.

L’opérateur sur place était « Amis des Maldives ». Comme d’hab à la CastorCorp, l’élaboration d’un voyage est en soi un projet où sont épluchés autant les caractéristiques des opérateurs que les destinations explorées au regard de ce que l’on y trouve au moment prévu du voyage. Bref, là l’objectif c’était les gros poissons (mantas, requins baleines) , atoll d'Ari principalementet les échos divers et indépendant concernant cet opérateur étaient plutôt flateurs. Le bateau, l’Atoll Cruiser, un navire plutôt spatieux pour 18 plongeurs et en bon état général. Il ressemble en gros à un petit yacht. Les cabines sont confortables mais pas spécialement bien insonorisées concernant le bruit du moteur du bateau. Ce n'est pas très grave dans la mesure où le bateau est généralement au mouillage la nuit mais s'il s'avère que la croisière doit avoir du temps de navigation durant votre sommeil, prenez vos précautions ou allez dormir sur le sundeck comme l'un des participants l'a fait. La nourriture était bonne, simple et variée, épicée légèrement. Peu de gateaux, beaucoup de fruits et légumes, poissons frais et plats à base de poulets (comme souvent sous les tropiques). Personnellement j'ai aimé. L’eau était comprise dans le prix de la croisière mais ce n’était pas le cas des sodas et bières. Dans l’ensemble la logistique était bien huilée rendant la vie à bord agréable, rythmée au son de la cloche appelant au petit dej, aux briefings, plongées et repas. Les repas étaient servis à l’arrière du bateau. A 18, l’espace est par contre un peu réduit mais la vue reste en tout cas imprenable sur la mer.

Les plongées sont réalisées à partir d’un dhoni qui reste le bateau à moteur incontournable des Maldives. Le dhoni permet la plongée nitrox et les bouteilles sont des aluminium C100 soit 13,2L. C’est mieux que la mode des blocs 10L qu’on trouve dans pas mal d’endroits aux Maldives et cela permet d’alléger substantiellement sa ceinture. Je suis passé à 4kg cette année avec de l’alumium et une combinaison 5.5mm. Les blocs sont remplis à 200bars. Le gonflage a lieu a bord du dhoni qui s’éloigne du bateau de croisière pour le gonflage qui prend 2h. Le matériel reste à poste. Avant la plongée, on contrôle comme toujours le pourcentage d’oxygène pour les sorties nitrox. Celui-ci oscillait entre 28 et 33%.


photo: Pascal Terrien

Samedi: Mise en appétit

Mais revenons à la croisière. Après une prise en charge à Malé et un transfert rapide en dhoni vers le mouillage des bateaux de croisière le temps de voir quelques dauphins, nous avons pris possession des lieux. Passé le cocktail et le speech d’introduction, arrivé à bord nous avons pris nos quartiers et pour les geeks de service avons commencé à envahir l’espace de nos équipements electroniques. Un reproche que l’on pourrait faire au bateau est le manque de prises européennes ainsi que l’absence d’espace photo dedié pour le bricolage des équipements. Cela dit, il y a des adaptateurs anglais sur pas mal de prises mais quand on a beaucoup de jouets comme moi c’est un peu limite le montage multiprise sur adaptateur. Bref, si je devais le refaire je viendrais avec plus d’adaptateurs UK.

Nous avons passé une grosse partie de la journée à préparer les différents équipements que ce soit pour l’image ou la plongée avant d’entamer en fin d’après midi une première plongée à Back Faru. Initialement, on devait tenter Banana Reef ou Lankan Reef, deux plongées connues et appréciées mais un contretemps en terme d’intendance nous enverra à Back Faru. Sur bien des aspects, ce site me rappelle Furana South , une plongée proche faite en 2002. Petit tombant en pente douce avec peu de courant. Au bout de 13 minutes de plongée, on croise la première tortue puis des murènes léopard. Il y aura aussi un poulpe, quelques pterois. Le récif est sans prétention mais être là dans de l’eau chaude et claire est un vrai régal. Fin de la première journée la tête dans le paté. L’équipe s’interroge sur les plongées à venir.

photo: Lionel Pawlowski
 


Dimanche: Retour à Thulagiri

On est dans l’atoll de Malé Nord encore pour 2 plongées avant de faire la traversée vers l’atoll d’Ari. La première plongée du matin est à Nassimo Thila. Pendant une grosse partie de la plongée, je serai persuadé d’être sur HP Reef, une autre plongée de 2002 tellement c’est ressemblant. En fait les deux sites ne sont pas très loin. On sera accueilli une nouvelle fois par une tortue et aussi un courant dans la face ce qui constituera un rappel pour l’Expédition qu’il y a du jus aux Maldives et que les plongées sont sportives. Bon à vrai, c’est pas grave, on profite quand même du décor riche en canyons et autres passages recouverts de coraux mous et de gorgones chargées en comatules. Des gaterins et une paire de napoléons sont là pour nous escorter ainsi que les habituels petits poissons des récifs. J’avais adoré HP Reef et Nassimo Thila a évoqué beaucoup de bons souvenirs même si la progression pour l’équipe fût par moment difficile du fait du courant.

De retour, pendant le petit dej, l’Atoll Cruiser fait route vers le second site et passera à quelques centaines de mètres d’une île familière : Thulagiri. Cette île depuis 2002 a eu une nouvelle série de bungalow sur pilotis. D’ailleurs c’est une constante, les hotels se sont développés depuis le temps sur les Maldives et les îles désertes vont tôt ou tard se faire rares.

Bodu Hiti Thila est la seconde plongée, potentiellement un site à mantas sauf que là le courant va pas dans le bon sens donc pas de manta. Des requins à la place et notamment des requins pointes blanches posés sur le fond. Avec le recul, c’est rigolo l’excitation de voir ces requins quand retrospectivement on sait qu’on en verra beaucoup mais alors beaucoup plus. Une autre tortue concluera la plongée et les plongées dans l’atoll de Malé Nord puisque nous partons vers Ari où se concentreront l’essentiel des plongées du séjour.

Nous atteignons Maaya Thila le soir et nous nous préparons pour une plongée de nuit sur ce site. Sur place, il y a du courant. Bon la plongée de nuit avec un courant maldivien, c’est pas spécialement excitant en apparence. Au final, ce fût une bonne plongée même s’il y avait trop de monde sur le site. Beaucoup de requins pointe blanche, des murènes en chasse, une tortue et une grosse pastenague au sommet du thila.

De retour au bateau avant de me coucher une petite réparation s’impose sur le phare HID et il me prend subitement l’envie d’avoir un fer à souder à portée de main. Je devrais dire comme d’hab car c’est un classique, le phare qui tombe en panne et ce besoin pressant de fer à souder pour corriger le tir. Ca doit être génétique. Je peux pas m'empêcher à chaque voyage d'éprouver ce besoin de fer à souder. Bon à défaut de fer à souder, j’utiliserai une agraffe pour réparer le truc. C’était la séquence McGyver de la soirée qui permettra au phare de fonctionner moyennement pendant quelques jours avant que le ballast décide de m’envoyer balader. D’un autre c’est pas grave car on a le filtre orange et plus aucune plongée de nuit prévue.

Je savais bien que j'aurais dû prendre un fer à souder avec moi...(photo: Didier Bellone).
 
 
 

Lundi: Ari Atoll

 

Première journée dans l’atoll d’Ari et les choses sérieuses vont commencer. La première plongée a lieu à Hafsa Thila, un petit thila pas très loin de Maaya Thila. Comme tous les thilas, c’est une petite montagne sous-marine avec en gros un plateau entouré de tombant. On commencera la plongée par le bas du tombant dans une véritable autoroute à poissons avec un requin gris qui rôde. De retour sur le plateau on croisera des thons, des carangues et autre poissons pélagiques en banc denses pendant que des petits requins pointes blanches se baladeront à proximité de nous. A la remontée, une petite raie léopard passera à proximité.

Battala sera probablement l’une des plongées les plus décevantes de ce voyage. Une langue de corail avec des requins gris autour en principe. Au final peu de requins et un récif parcouru par des groupes de plongeurs, récif à mon goût sans grand intérêt.

Il y a toujours une plongée qui sort du lot, mais alors vraiment du lot et je pense que Fish Head était cette plongée. Bon il est vrai que les fonds n’étaient pas spécialement terribles entre un tombant vertical de chez vertical mais il y avait cette ambiance de « sortie de bureaux » des poissons avec qui ont rendu cette plongée mémorable entre les tortues, les requins, les carangues en chasse. Au début nous sommes descendus à 40m voir des pastenagues et une raie guitare de plus d’un mètre cinquante, posé sur le sable. Ca ressemble pas à grand chose vu du dessus mais on peut s’approcher tranquille de l’animal et observer sa forme si caractéristique.

photo: Lionel Pawlowski

Une rencontre rare et suffisante pour démarrer la plongée de bonne humeur, rencontre agrémentée sur le sable par deux autres pastenagues tout aussi grosses. Puis nous sommes remontés parmi les platax. Encore deux tortues avant de passer dans des réseaux de surplombs qui vont nous amener progressivement vers la zone de chasse exposée aux courants. A ce stade de l’aventure, l’Equipe utilise des crochets pour s’accrocher au récif. La progression avec la caméra devient difficile et petit à petit, j’arrive à l’avant. Après tous ces efforts, je suis contre la paroi, tantot écrasé par le courant, tantot m’aggripant pour ne pas décoller et comble de l’insulte, une tortue devant moi broute paisiblement la paroi du thila. Bon les tortues car on en verra 3 en cette fin de plongée se déplacent tranquillement pendant qu’un requin rôde au loin, que les carangues passent et que je me demande comment ces tortues font pour rester tranquillement sans s’agriper sur le récif. C’est simple : les plongeurs sont en limite de l’écoulement laminaire du courant et la tortue elle est suffisamment plate pour être dans la zone d’écoulement turbulent ou abritée et en plus elle a l’hydrodynamisme qui va bien. Bref, une très belle plongée riche en émotion.

Mardi: Ecoulement laminaire

Les émotions seront encore au rendez-vous le lendemain avec la première plongée à Emmas Thila. Il s’agit de voir des mantas mais le courant va dans le mauvais sens donc les probabilités de voir du monde sur la station de nettoyage sont plus limitées, station de nettoyage qui n’est pas exactement sur le point de mise à l’eau mais ce n’est pas très grave car le très fort courant va nous faire parcourir plusieurs centaines de mètres à une vitesse délirante et chaque « pause » sur les rochers permettra de sentir la force du courant glissant sur le visage. Au final on arrivera sur le point de nettoyage et il n’y aura rien à part l’incontournable tortue qui broute là aussi paisiblement dans ce qui est pour nous une tempête sous-marine.


Point de mantas sur la première plongée mais on va se rattraper aux suivantes pour notre plus grand plaisir. Seconde plongée à Panettone. Après un tombant très joli par endroit, un très long palmage sur un plateau, on arrivera à proximité d’une passe où là on verra enfin les premières mantas. Instant magique avec une bestiole de 3m d’envergure et pesant 1 tonne qui ondule gracieusement au dessus du récif. Un peu plus loin, une raie léopard passe. Les gens remontent à bord du dhoni le sourire aux lèvres.

La troisième plongée est à Tundufushi thila. Ca commence lentement par un tombant avec des cavités. Je filme un requin pointe blanche posé tranquillement sur un fond désert. Le récif est sympas lui aussi avec pas mal de petits poissons. Le défaut principal de ce type de plonger est que l’on rarement le temps de s’attarder au petit mais c’est bien connu que les Maldives ne se pretent réellement qu’à l’observation du « gros » pour diverses raisons à commencer par la présence justement de gros poissons « charismatiques ». On en aura vu des thons défiler, barracudas, requins… Bref, un léger courant nous porte cette fois vers une passe où l’on croisera 3 mantas de tailles différentes dont une passera au dessus de nos têtes. On suspend notre souffle en cette fin de journée. On terminera gentillement par une tortue qui posera. Ce qui est con avec ces reptiles c’est que des fois, ils posent et il vous faut attendre très longtemps avant qu’il se passe quelque chose. Et des fois, au moment où l’animal semble s’activer, au final, il se repose… En tout cas, cela reste des moments forts sympathiques. La journée se termine sur de beaux souvenirs. Les plongées nous ont aujourd’hui révélé l’aspect sportif de la plongée aux Maldives que cela soit avec ou contre le courant. Sous l’eau, il y a de l’effort mais un effort souvent récompensé par des moments intenses.

Le soir, nous avons un BBQ sur une île. L'équipage fait de la sculpture sur sable. Soirée agréable le cul sur le sable à apprécier le moment, le fait d'être là, à s'interroger sur ce que nous réserve l'avenir proche, à regarder le siècle extremement étoilé...


Photos : Lionel Pawlowski

Mercredi: Extrême sud d'Ari, du lourd, du très lourd...

Après toutes ces émotions, rien de tel qu’un intermède avec une plongée relaxe au petit matin à Abdu thila. Un tombant où un escadron de requins nous accueille puis un banc de barracudas. De belles gorgones qui me donnent l’envie de regarder où sont les hippocampes pygmées indonésiens sauf que là il n’y en a pas, du moins officiellement et s’il y en avait, il est possible que tout le monde s’en foutte. Le HID a décidé de rendre l’âme une bonne fois pour toute : le ballast a fait un court circuit et est donc grillé. Mes oreilles ne passent pas non plus terriblement donc on y va doucement le long du tombant bien vertical avant de terminer sur un plateau particulièrement plat puisqu’il est composé essentiellement de tables de corail. Une plongée en somme assez géométrique qui un temps nous a éloigné du cas des plongées à mantas.


photo: Lionel Pawlowski

 
Les plongées suivantes nous réservent du lourd, même du très lourd puisqu’on parle de tonnes. A Madivaru Kandu, nous aurons droit tout au long de la plongée à un passage de plusieurs raies manta qui commenceront par un ballet parfaitement synchronisé de ces majestueuses créatures. Au cours de la plongée, pendant une phase d’accalmie, on aura le temps d’observer un poisson fantome halimeda. Les halimeda sont des algues calcaires vertes et donc là on voit ou plutôt on n’est pas censé voir un syngnathe vert qui ressemble à ces algues. C’est la minute Lembeh du voyage. A ce moment il faut garder un œil dans le bleu car quelques instants plus tard, des mantas passent ou repassent escortées par des remoras. On verra encore une manta au palier.
 

 
Dernières mantas du voyage mais le voyage n’est pas fini. On est presque tout au sud de l’atoll d’Ari et une certaine tension s’installe puisque naviguant à l’extérieur de l’atoll près de Sun Island, nous sommes désormais en quête d’un animal que beaucoup parmi nous souhaitent rencontrer : le requin baleine. Les marins scrutent l’horizon, l’équipage du dhoni scrute l’horizon, l’Equipe s’interroge en scrutant l’horizon et soudain une masse est repérée. Pendant ce temps, j’ai préparé le caisson pour la rencontre. On s’équipe pour aller faire du PMT à l’arrière avant d’apprendre que le requin est trop prêt du récif donc qu’il faudra prendre le dinghy . Première tentative vaine de rejoindre le poisson qui disparaît alors qu’on est en route. Entre temps j’ai dit que si je voyais ce requin, je m’arrangerai pour monter le film prioritairement par rapport à mes autres projets videos.
 
 
On revient sur le bateau. La recherche continue et l’aprem passera mollement avec un espoir de plus en plus vain de voir l’animal à mesure qu’on se rapproche des autres bateaux de croisière nombreux sur la zone.
 
Et puis soudain le dhonie indique que derrière nous à 3km, un requin a été repéré. On se rééquipe prêts à sauter de l’Atoll Cruiser. Beaucoup de monde autour. Je n’aime pas ça et j’ai raison car quelqu’un dans l’eau décide de toucher l’animal. Des baffes se perdent pendant que l’animal sonde. En fait, aussi charismatiques et massifs qu’ils soient, requins et raies restent des animaux craintifs et il faut éviter de les toucher, flasher, se mettre sur leur trajectoire. Quand un plongeur devient une nuisance, c’est tous les plongeurs qui aux yeux de l’animal le devienne potentiellement. Thierry, le guide de la croisière a largement insisté sur ça. C’est dommage que tous les bateaux ne le fassent pas.

Avec un peu d’énervements suite à ce qui semble être une rencontre unique râtée, on s’équipe pour plonger bouteille pour tenter de retrouver en plongée le requin baleine. Thierry n’étant pas très confiant sur les probabilités de rencontrer un requin baleine en plongée, la stratégie est d’étendre une ligne de plongeurs pour ratisser le récif et donner l’alerte. Mon instinct me suggère d’être à proximité de Thierry, en profondeur, dans le bleu ou plutôt le vert ici tellement la visi est mauvaise (relativement parlant), d’autant plus que le nitrox me permet de rester en profondeur encore longtemps malgré les deux plongées précédentes. Soudain Thierry aperçoit au loin une masse sombre. On se rapproche très rapidement, la caméra enregistre et effectivement on est bien à proximité d’un requin baleine de 3m50. Je filme et soudain, les alarmes des deux ordi se déclenchent. Un regard rapide montre que le problème n’est pas les paliers ni la pression de la bouteille mais la profondeur ou plutôt la ppO2 trop forte. Je suis à 42m.
 

photo: Raphael Chapuis

Didier traquera l’animal à 49m. Un bon coup d’œil et il est temps de remonter. Les alarmes s’arrêtent pendant que j’ai envie de crier un « yesssssssssssssssssssssss ! ». On poursuit la plongée avec au programme une pastenague le long du récif vraiment lugubre. Et soudain, on entend un bruit. Quelqu’un a vu un requin baleine vers 25m. Retour vers l’animal ou plutôt un autre animal. Celui-ci fait 5m . Encore un bon coup d’œil avant de repartir sur le récif et terminer la plongée. De retour sur le bateau, on apprendra hélas que tout le monde notamment Pascal et Olivier n’a pas eu la chance de faire ces rencontres. Ayant eu ce genre de blague avec les mantas à une autre époque, je sais comme c’est frustrant. Le bateau s’ancre dans un petit port. Fin d’une journée intense.

 

 

Jeudi: Bloom, boom, vroum

Après les mantas, le requin baleine et tout le reste, les surprises vont clairement être difficiles à avoir et pourtant ce n’est pas fini. On fait maintenant route vers Malé. La première plongée est à Dhidoo Beru où l’on verra des requins nourrices qui dorment tranquillement sous un rocher. Le moment le plus bizarre de la plongée sera d’arriver sur une patate de corail en train de libérer sa semence ce qui donne à l’eau un aspect assez trouble.

La seconde plongée sera sur Kudeema wreck qui comme son nom l’indique est une épave. On y verra une pastenague, une torpille et une tortue sous la coque de ce petit cargo. Sur la partie supérieure, la poupe présente un assortiment de ptérois visiblement séniles voire aveugles dont le régime alimentaire doit être composé vraisembablement de l’énorme banc de glassfish qui peuple les lieux. En fait sur la passerelle, on a l’impression que l’espace est essentiellement rempli par ces poissons. Je n’ai pas pu faire tous les plans que j’espérais car un bateau complet de plongeurs a débarqué ce qui a crée un bordel assez monstrueux. J’avais du japonais ou de la japonaise en ordre dispersé sur tous mes plans.
 

 
La troisième plongée aura lieu à Kudara thila. Joli thila avec une eau très claire à condition d’être bien accroché car le courant est monstrueux et on est censé en faire le tour ce qui implique que dans un sens on sera à contre courant tôt ou tard. Il y a un beau banc de fusiliers jaunes. C’est joli de les voir évoluer dans le courant. Je commence ma progression le long du récif et avec une main pour tenir le caisson et l’autre pour se cramponner, c’est pénible. Je dois aller vers l’avant du thila mais le groupe devant moi n’a pas la force ou l’aquaticité nécessaire pour avancer en s’aggripant sur le récif et s’aggriper sur le fond de sable revient à être emporté. Histoire de me compliquer la vie plutôt que faire le tour du thila, j’ai décidé de ramper par dessus. Il me faudra bien 15min pour me frayer un chemin de 15m sans mettre la main sur une murène ou me crouter contre le corail. Un dernier coup de palme et je m’écrase mollement au fond à l’avant du thila avant de me cramponner à nouveau pour observer le requin qui passe. Tout ça pour ça. Je reste le temps de reprendre mon souffle et éviter d’être soufflé par le courant. Je repars. Didier en a marre et se barre avec une palanquée. Je filme encore les fusiliers et je quitte le site avec un autre groupe. C’était chaud !

 

 

 


Vendredi: Atoll de Malé Sud, retour aux sources

Aujourd’hui est notre dernier jour de plongée. Snif. On est dans l’atoll de Malé sud et on commence par Guraidhoo Kandu, une passe où l’on repasse en mode « gros poissons » pour observer des requins et des raies. On verra du gris et du pointe blanche ainsi qu’un escadron de 7 raies léopards précédées par 2 autres au début de la plongée. On est un peu profond donc la plongée est relativement courte avec un décollage à 12 min de paliers au fond.
 


photo: Lionel Pawlowski

 

La seconde plongée nous ramène là où mon aventure maldivienne a commencé 9 ans plus tôt : l’île d’Embudu et son célèbre Embudu Express. Il y a 9 ans, il y avait un courant terrible. Aujourd’hui c’est calme mais il y a là aussi du passage. Pas de raies aigles comme la première fois mais du requin, du napoléon et aussi un gros banc de carangues. C’est beau. Le groupe se retrouve séparé à un moment et notre petit groupe observera un autre requin nourrice à la remontée.

L’ultime plongée aura lieu à Velassaru Cave . Un beau tombant avec des cavités. N’ayant plus d’éclairages, je la joue haut du récif avec au programme un poisson feuille, un gros mérou et une tortue. Dernière plongée avec toujours l’ambiance un peu déconne et relax des dernières plongées. On remonte sur le bateau. C’est fini… jusqu’à la prochaine fois. La soirée s’est passée tranquillement à ranger le matériel. L’équipage se charge du rinçage/séchage matériel de plongée.
 
 

Samedi: Avant de repartir

Le lendemain matin on fait un peu d’apnée sous le bateau. On verra passer une raie aigle, une pastenague et il y a un requin nourrice au fond. Ca va… L’après-midi, le bateau part s’ancrer près de Hulule, l’île aéroport. Le dhonie nous amène à Malé visiter la capitale. Pour la plupart des habitués, Malé n’a aucun intérêt. C’est pas faux mais c’est à faire une fois quand on ne peut pas faire autre chose. On va au marché au poisson, une micro criée en comparaison à mon environnement de travail puis au marché aux épices/légumes. On nous fera gouter du poisson séché. Pas mauvais. Après on va bouffer une glace et acheter des souvenirs ce qui permet d’observer les capacités de marchandage de Didier.
 
 

Oui alors là la plongée est simple: il faut prendre la rue main gauche et s'arrêter au magasin de souvenir au 1er étage sur la droite (photo: Didier Bellone)


Malé et la flotte militaire maldivienne (photo: Didier Bellone)
 
 
Le soir on prend l’avion. Toujours les contrôles sécurité pipeau, le magasin de plongée célèbre pour ses montres D9. La nuit sera longue sur Sri Lankan notamment l'arrêt à Colombo. Le lendemain matin, on arrive à Paris. Pas de problème majeur et au final je prends mes trains pour arriver chez moi à 18h. Une journée de congés avant de repartir pour d’autres aventures pro cette fois au Danemark.

C’était mon 3eme séjour aux Maldives, de loin le meilleur avec une bonne croisière gérée par des gens aussi pros que sympatiques, une bonne ambiance à bord et un bon bateau. Comme précédemment, les Maldives me laissent un sentiment d’addiction. C’est donc sans surprise qu’en embarquant dans l’avion, je sais déjà que tot ou tard je reviendrai plonger dans ces eaux. Et je ne suis pas le seul ! On parle dejà de 2012...

Merci à Didier, Raphael et Pascal pour l'échange des photos dont certaines illustrent cet article et au reste des participants de m'avoir supporté.
 
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