Accueil
Bidules sub
Voyages
Vidéos
Photos
Liens
FAQ
A propos...
Contact
Rechercher
rss
Les Açores... beaucoup d'un peu de tout Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
17-10-2012. Lu 3349 fois.
C'était la destination la plus attendue en ce qui me concerne pour l'année 2012, les mystérieuses et relativement lointaines îles Açores, connues pour leur anticyclone qui fait au propre comme au figuré la pluie et le beau temps en Europe.
Donc me voici reparti vers de nouvelles aventures à la faveur d'une réunion scientifique dans la petite ville de Horta sur l'île de Faial, l'une des neuf îles composant cet archipel volcanique. Faial fait partie du Groupe Central avec à proximité 2 autres îles: Sao Jorge et surtout l'imposante Pico où se trouve la plus haute montagne du Portugal à plus de 2450m... au milieu de l'Atlantique. Les Açores sont une région autonome du Portugal.


La plus haute montagne du Portugal... au milieu de l'Atlantique.

Pour y aller, il faut d'abord prendre un vol de Paris à Lisbonne de 2h puis un autre de Lisbonne à Horta pour un vol 2h30 via la TAP ou SATA. La TAP permet de transporter 23kg en soute, 8kg en cabine, plus éventuellement moyennant un supplément un sac de plongée. La SATA est apparemment plus regardante sur le poids (6kg) et les dimensions des sacs cabines. L'accès aux autres îles est possible par vols "directs", "intérieurs" ou par bateau. Les vols ne brillent franchement pas par leur ponctualité (un cumul de 4h de retard entre l'aller et le retour) donc il faut prévoir de la marge sur les correspondances... sans compter qu'il est parfois difficile d'atterrir... Mon avion a loupé son premier essai du fait de la couverture nuageuse et de temps en temps certains vols doivent repartir vers Lisbonne ou d'autres îles... Les meilleurs mois pour profiter des Açores sont juillet, aout et septembre avec une eau qui montera à une petite vingtaine de degrés. En hiver, elle descend à 16-17°C et il est aussi possible d'y plonger. Bref, il fait pas froid dans l'eau... ni vraiment chaud. Dans l'air c'est pas franchement mieux. La météo est relativement étrange et au final on a l'impression d'être sous les tropiques avec une humidité proche de 100% mais des tropiques où l'on peut étouffer de chaud dans l'après-midi et avoir très frais le soir. Même en été, avoir une laine polaire à proximité est donc quasi indispensable.


Le port de Horta

Faial est une petite île avec 15000 habitants. La ville principale est Horta, point d'escale célèbre pour la navigation à la voile avec les signatures peintes des navires de passage un peu partout dans le port.


Les célèbres graffitis laissés par les navigateurs.

L'île est relativement peu touristique mais offre une bonne capacité d'hébergement entre hotels 4*, différents bed&breakfast et appartements à louer. Il y a bon nombre de cafés où l'on mange et boit très bien pour moins de 10 euros par repas. Sans compter que bon nombre d'établissements ont un accès wifi gratuit. L'anglais est la langue la plus pratiquée mais dans bon nombre d'endroits, les gens savent aussi parler français. Les touristes sont essentiellement portugais, anglais, français et espagnols.


Horta vue des hauteurs

L'essentiel du tourisme semble tourner autour de la voile et de l'observation de cétacés ou "whale watching" car l'île est petite, on la visite apparemment en une après-midi. Si petite que louer une voiture se révèlera d'abord hasardeux puis au final impossible. Il y a deux centres de plongée qui proposent en alternance whale watching et plongée: Norberto Divers et Dive Azores. Le premier est un centre de taille moyenne avec un semi-rigide et un catamaran style "pêche au gros" pour les plongées lointaines et a deux autres semi-rigides pour le whale watching. Dive Azores a été retenu pour ce voyage. C'est une petite structure comme je les aime, tenue par Tiago et Joana, deux trentenaires biologistes marins reconvertis dans la plongée tout en développant des projets de conservation autour des cétacés et sélaciens. Les plongées chez eux se font à bord d'un seul semi-rigide qui sert à la fois pour la plongée et le whale watching. Dans les deux centres, les bouteilles sont des 12L din en standard et le nitrox est disponible chez Dive Azores. Du fait de l'alternance entre whale watching et plongée, le centre pratique deux plongées chaque jour mais soit le matin, soit l'après-midi. Entre deux plongées, le bateau rentre au port le temps de changer d'équipement et de boire un thé tout en grignotant des petits gateaux. Le fonctionnement est bien huilé dans une ambiance très détendue. En plus de Tiago et Joana, il y avait aussi Hugo et Adriano qui officiaient également en tant que divemaster ainsi que Clément qui lui ne plongeait pas mais participait aux sorties whale-watching. Les briefings se font essentiellement en anglais. Tiago parle aussi français.


Côté matériel (parce que en tant que marine geek, il faut que j'entretienne mon image de marine geek), c'était la première sortie opérationnelle pour mon ordi DR5 avec le code source modifié par mes soins. Aucun bug. Première sortie également de ma wing voyage. Entre les Maldives et Statia, ma wing Cressi avait laché au niveau des coutures. Après installation de rivets inox, d'un adaptateur STA de voyage et d'un harnais oxycheq, j'ai donc une wing de voyage. Les poches à plomb IST se sont révélées par contre décevantes puisque une a claqué avec 4 kg alors qu'elle était justement prévue pour 4 kg. Le challenge du séjour a aussi de faire tenir du matériel video et d'eau tempérée dans un sac. Configuration minimale pour la caméra avec un phare absolument nécessaire dans les grottes mais qui a relativement peu servi, détendeur de voyage, gants 5mm et combi semi-étanche 7mm. Au retour 22kg sur les 23 autorisés. Sur place j'ai utilisé 7kg de lestage avec les blocs acier 12L fournis.

Well... je crois que j'ai fait le tour des généralités. Durant le séjour, j'ai fait 14 plongées et sur les sites locaux seule une plongée aura été deux fois et se sera révélée très différente. Avec deux binomes intéressants: Steve, un anglais très sympathique qui préparait son divemaster et qui possédait une maison ici et Tony, un suisse auparavant varappeur chevronné qui suite à un problème de hanche avait dû arrêter l'escalade. Après une période de déprime, il a trouvé une nouvelle passion dans la plongée depuis quelques mois.

Comme d'hab sur mes comptes-rendus, je vais donc résumer mes jours les uns après les autres.

Jour 1: du tombant, du cratère et du canyon

Ma première plongée fût le long d'un tombant d'un fort beau gabari puisqu'il devait descendre quasi direct à au moins 40m puis à un cratère. Cette première plongée est déconcertante car on se croirait question faune en Méditerranée avec son lot de saupes, ses sars, ses girelles presque toutes girelles paons. Sauf qu'il n'y a pas de posidonies, les algues sont différentes et le décor est franchement découpé voire même sculpté avec les couches sédimentaires ou volcaniques qui s'accumulent. Il y a aussi des restes de marmittes du diable plutôt gigantesques (plus de 2m de diamètre), d'immenses trous creusés par des galets à l'intérieur. La plongée le long du tombant permet de voir des petits nudibranches, des spirographes et les urticants vers de feu. Il y a aussi beaucoup de murènes d'une espèce différente de celle méditerranéenne. On arrive dans le cratère, une réserve marine. Le décor est suréaliste avec une pente qui part vers une étendue de sable. Un énorme mérou nous attend. On termine la plongée dans un petit fond entouré de poissons perroquets et de petites sérioles.

Un perroquet... un poisson qui nous rappelle en permanence que nous ne sommes pas en Méditerranée
 


La seconde plongée nous amène dans un canyon très long puis dans une petite grotte. Au retour on croisera des platophrys sur un plateau rocheux, deux gros balistes. Les anfractuosités sont intéressantes car on trouve beaucoup de grandes cigales de mer et de temps en temps une mostelle. L'eau était à 19°C et la visibilité de l'ordre de 20m.


Un monde de canyons sous-marins


Les grandes cigales sont très communes ici.


Jour 2: Les dauphins, les Capros aper et la mer.

Ce matin, la fine équipe est partie à Pico, l'ile en face. Le style de Pico rappelle clairement la Réunion avec les roches volcaniques noires qui contrastent avec le vert de la végétation luxuriante. De l'océan bien bleu, la scène est indéniablement tropicale. Nous faisons route vers le sud de Pico où nous allons nager avec les dauphins. Ce fût une expérience très physique car pour nager avec les dauphins, il faut déjà que le bateau se place près de dauphins et ralentissent. A ce moment, il faut se mettre à l'eau mais comme le bateau avance plus les dauphins se barrent plus ou moins vite. Parfois curieux, parfois très évasif. Une fois partis, il faut qu'on remonte à bord et qu'on aille de nouveau dans le groupe de dauphins.


A la recherche des dauphins...

Il y a un côté shadok à cette sortie, c'est indéniable mais bon j'ai quand même eu à un moment 3 minutes non stop de dauphins pour moi en video avec un groupe qui est revenu à plusieurs reprises vers la caméra.


J'ai vu à un moment ce groupe se rapprocher d'une masse étrange que je pensais être une méduse avant de reconnaître un banc de petits poissons curieusement très denses. Quelques mises à l'eau plus loin, à la surprise de tout le monde, j'abandonnerais les dauphins pour aller voir un autre banc. Eh oui, en tant que "marine biologist", il me fallait résoudre cette énigme au lieu de palmer après les bouffeurs de Galac(tm)(c). C'est là où j'ai découvert qu'il s'agissait en fait de "sangliers" et "bécasses de mer". Le poisson sanglier ou Capros aper est une espèce que les biologistes marins de la Mer Celtique ou du Golfe de Gascogne adorent trier lors de pêches scientifiques du fait d'arrêtes qui percent particulièrement bien des gants renforcés, et aussi parce que pour maximiser le plaisir de se niquer les doigts sur ces bestioles, on les choppe souvent par tonnes. En fait l'évolution a conçu le Capros aper pour qu'il casse les pieds aux biologistes marins, Mère Nature ayant probablement vu le biologiste marin comme une nuisance pour ce petit poisson rouge zébré que l'on trouve chez nous en profondeur alors qu'il nage ici en surface. A ce qu'il parait c'est pas mauvais à manger, avec un goût proche du St-Pierre. En tout cas, les dauphins ont juste bouloté un ou deux poissons et se sont barrés. Donc au bout d'une vingtaine de mises à l'eau, tout le monde était content mais complètement claqué. Nous avons alors photographié les bestioles du dessus et le spectacle était super car ils avançaient tranquillement sous la coque du bateau, sur un océan lisse. Un grand moment. De retour à quai, tout en étant excité par cette rencontre avec les dauphins, l'équipe s'interroge: pourquoi il n'y a ici que des petits Capros alors que chez nous on trouve des bancs énormes d'individus de relativement grande taille ?


Les pieds dans les emmerdes: mon casse-pied à écailles de toujours, le poisson sanglier.

L'après-midi nous avons été sur Pico à nouveau plonger sur un petit site sans prétention avec une belle double arche. La bonne visibilité localement permet d'observer le relief du site. Ca me rappelle un thila aux Maldives avec ici les demoiselles, les perroquets et les carangues. Pas de courant sur cette plongée très relax. Nous n'avons pas vu énormément d'animaux hormis des petits nudibranches, des carangues et une espèce de labre que je n'avais pas encore rencontré.


Des sérioles et des arches sur cette plongée

Jour 3: Des balistes et des grottes

Le matin nous sommes allés dans une de ces grottes sous-marines qu'il y a à Faial. Une belle lumière. Comme précédemment, on retrouve les "usual suspects" entre un mérou, des cigales un peu partout, des murènes mais aussi une mostelle. La lumière dans la grotte était belles et la grottes débouchait sur un tombant sympas avec très peu de courant.


Différentes espèces de murènes sont présentes aux Açores.

L'apres-midi nous sommes parti à nouveau vers Pico sur une plongée sur sable noir très riche en poisson entre les demoiselles qui remplacent ici les castagnoles méditerranéennes. Au loin passait une pastenague énorme avec aussi des bancs de carangues qui tournoyaient autour de nous. Mais c'était sans compter les bancs de balistes (Balistes carolinensis), les mêmes que ceux que je croise en Bretagne à la fin de l'été... sauf que là ils étaient des centaines, peu farouches et en pleine eau. Bref, une très bonne plongée de plus d'une heure dans une douzaine de mètres malgré une visi un peu réduite à 10m et un fort courant à la remontée qui à rendu le retour au bateau un poil compliqué.


Des carangues


et des balistes à perte de vue

Jour 4: Quelhuit, le cratère et les raies aigles

La première plongée ressemblait étrangement vue de la surface à cette plongée mythique qu'est Quelhuit: un petit îlot dans une baie... sauf qu'on est pas à Groix. Pas de laminaire. La roche est nue, avec pas mal de spirographes et la visibilité permet de voir de la surface au fond ce rocher, bordé par du sable gris/noir. Le sable ici ressemble lui aussi à la Méditerranée avec son lot de poissons-lézards, ses platophrys, des poissons plats dont le male et la femelle présentent un dimorphisme sexuel marqué au niveau des yeux et aussi des petites pastenagues. Le rocher en lui-même est interessant pour le relief et une zonation assez claire de la faune entre le fond de sable, les spirographes, les nudibranches avec des blennies noires au sommet où rode occasionnellement un barracuda.


Mmmh... C'est vertical de chez vertical ce site

La seconde plongée nous ramène dans le cratère du volcan. C'est la fin de journée et la visibilité est meilleure que le premier jour. Le tombant est superbe sous le soleil. Beaucoup de perroquets et de girelles paon. En bas du tombant vers 40-50m, on peut apercevoir une grosse masse sombre qui rode. Peut-être un requin ou un barracuda ? Dans le cratère, aujourd'hui on peut apercevoir très distinctement les parois en pente pendant qu'une raie aigle longe les parois. On quitte le cratère pour passer dans plusieurs canyons étroits qui déboucheront sur le tombant où une pastenague énorme passe devant nous avant de replonger. On va faire surface et une raie aigle passe 1m en dessous de moi. Quand je pense que d'habitude, j'ai un mal fou à les filmer correctement en Méditerranée !!


Hello !!

Jour 5: Pico, les Caper Apros et les Baleines

On devait aller à l'île assez lointaine de Sao Jorge mais un des participants a laissé tomber résultat on a des sandwichs, de la pastèque en quantité suffisante pour aller pique niquer toute la journée et... on est à Pico. La première plongée n'était pas spécialement riche en bestioles à part toute sorte de girelles paons et il y avait un peu de jus en surface plus quelques physalies mais le relief sous l'eau valait largement le coup puisqu'il y avait un réseau d'arches, de canyons et autres jeux de lumière qui donnaient à cette plongée l'impression d'être dans un labyrinthe, tranquille, à l'abris de la houle et du courant. La visibilité était très bonne.

Un réseau d'arches, de tunnels sur ce site

La seconde plongée nous a amené sur un pinacle entre Pico et Faial. Il y avait des oiseaux partout, l'eau avec une belle couleur bleue sous le soleil. Un oiseau a plongé et est ressorti de l'eau avec un poisson sanglier. Joana me dira que ce poisson est une composante de l'écosystème marin des Açores, étant la source de nourriture pour pas mal d'animaux tout en soulignant qu'ils sont "cute but kinda look stupid". J'aurais pas dit mieux... La plongée en elle-même avait un relief en escalier qui payait pas de mine (d'autant que je m'attendais à voir un tombant !) mais suffisant quand même pour rencontrer plusieurs espèces de murènes, des barracudas, une bonite, une grande pastenague, une énorme raie aigle enceinte, des girelles paons par milliers et un mérou. Le mérou ici est relativement rare ici donc il passe pour la bestiole à ne pas louper. Il s'agit de la même espèce (Epinephelus marginatus) que celle présente en Méditerranée.

L'après-midi, je suis parti faire du whale-watching, l'occasion de regarder à nouveau la côte découpée de Pico. Il a fait chaud sur l'eau, j'avais envie grave de dormir mais les baleines étaient au rendez-vous. J'ai appris deux trucs cette aprem. Le premier est que les baleines, du fait de l'effort demandé, se "lachent" quand elles bondissent hors de l'eau. La face cachée des documentaires sur les cétacés c'est que oui, elles font caca au moment de sortir de l'eau et ça, c'est tellement dégoutant qu'on le voit jamais sur les documentaires. La seconde c'est que quand le bateau passe dans la zone où la baleine s'est lachée, ça stimule les narines d'une façon fort peu agréable. Bon sinon, hormis cette anecdote, ça a été du whale watching habituel, un peu moins riche qu'à mon époque à Monterey où y'avait les orques aussi.

 


Un classique
 
 

Jour 6: Ca se complique, enfin presque...

La journée commence par l'arrivée de deux instructeurs propriétaires d'un centre au Portugal, initialement décidés à faire la plongée de leur vie à Princess Alice Bank et qui finalement ne veulent plus y aller car ils ont découvert le prix (200 euros) de cette sortie entre temps vu qu'il y a entre autre une surcharge carburant pour aller sur ce site à 45miles des côtes. Assez bluffant de découvrir qu'il existe des propriétaires de structures pros qui découvrent que plus on va loin avec un bateau plus ça consomme de carburant donc plus ça coute des patates ! Et plutôt énervé je suis car on a plus le quota nécessaire de participants pour que la sortie ait lieu mais Tiago me casera chez son concurrent. C'est pas cool pour lui mais d'un autre côté j'aurai fait cette sortie avec lui si les autres clients avaient assuré.

La plongée de cette après-midi était sans prétention sur un site qui sert à faire des baptêmes. Pas extraordinaire en soi entre un fond de sable et des roches qui descendent lentement avec son lot de platophrys et rougets. Quelques sars également et poissons perroquet.


Une petite plongée sans prétention mais avec quand même pas mal de perroquets...

Je passe changer ma réservation d'un véhicule pour faire le tour de l'île... le problème est que l'agence a déménagé à l'aéroport ! Donc j'annule puisqu'il faut prendre un taxi pour aller à l'aéroport chercher le véhicule et ensuite un autre taxi pour en revenir pour une ballade qui ne prendrait que 2 heures. Une prochaine fois.

Jour 7: Bleu

Ce matin, j'aurais bien filmé l'immense grotte que nous avons été visité sur la première plongée ma batterie s'est vidée durant la nuit. Sans doute j'ai oublié d'éteindre le caisson... donc pas d'image de la grotte hormis une photo de Toni. C'était une très belle grotte avec des cigales de mer et des barracudas à la sortie.


Le temps de récupérer une batterie et la mettre dans le caisson et nous sommes repartis vers le second site qui nous amène un peu au large sur un pinacle dont le sommet est à 15m. On passera la plongée à faire le tour. Des raies aigle passent. Des barracudas passent... et pour la première fois, il y a beaucoup de paliers au programme. Les ordinateurs montrent que je commence à saturer. Cette plongée était très sympas avec beaucoup de relief et une excellente visibilité. Il y avait aussi des anfractuosités avec du corail noir qui comme son nom l'indique est blanc. Idéalement j'aurais dû la faire au nitrox cette plongée.


Comme son nom l'indique, le corail noir est blanc...
 

Le soir j'étais invité à un petit repas par le staff de Dive Azores. L'occasion de visiter quelques spécialités locales. Ce fût une soirée fort sympathique. A un moment, un petit garçon est passé avec un poisson mort dans son sceau. Le poisson était un argyropelicus, une espèce vivant normalement très profond... La dernière fois que j'en ai vu, c'était sur une bateau océanographique en pleine tempête, après un coup de chalut à 1200m. Durant ce séjour, cela aura été un peu tous le bestiaire de mes campagnes océanographiques en mer qui est passé devant mes yeux.


Argyropelicus

Jour 8: Princess Alice Bank

Il y a toujours quelque chose de mystérieux dans les plongées dont le site termine par "bank", sans doute le fait que le "bank" implique qu'il y a autour des profondeurs inaccessibles aux plongeurs. Princess Alice Bank entre doublement dans cette catégorie car effectivement si le sommet de ce pinacle est à 30-35m, le fond se situe quelque part autour de 1500m. Et surtout, Princess Alice Bank est à 45 miles nautiques de Faial, l'île la plus proche ce qui vaut un voyage de 3h aller et de 3h retour ce qui entraîne aussi un surcoût de carburant qui place cette sortie à pas moins de 150-200 euros pour 2 plongées. J'aurais voulu plonger avec Dive Azores sur ce site mais c'est donc via l'autre centre, Norberto Diver, que je suis passé pour ma plongée (ou plutôt mes deux plongées) la plus attendue de 2012. D'un côté, le bateau, un gros catamaran était mieux d'autant qu'il y avait des banquettes pour dormir. D'un autre, c'est toujours un peu gênant de partir au milieu de nulle part avec des gens qu'on connaît pas. Enfin bon, ayant un peu d'expériences derrière moi sur ces plongées "quec'estloinetquesi t'esdanslamerde,t'es vraimentdanslamerde" et ayant eu le loisir de tout lire sur cette sortie, ça ne fût pas un handicap.

Donc nous sommes partis vers 7h30 vers ce site lointain. L'océan avait un peu de houle et il faisait frais. Vers 10h30-11h00, nous étions sur site, accueilli par un aileron à la surface d'un animal de grande envergure couleur olive histoire de faire grimper l'excitation pendant que l'équipage mettait en place le mouillage et que nous nous équipions. Pas de courant et surface. Une eau extrêmement bleue, 40m de visi. Ca tombe bien, on va à 40m . On est resté 8min au fond avant d'entamer la remontée. Le pinnacle en soi est une roche relativement nue à cette profondeur, recouverte de calcaire, d'oursins. Des balistes nous accueillent. Une raie énorme passe devant nous et le récif est garni de murènes. C'est beau, l'eau est claire. C'est profond. Surtout quand le spectacle est au dessus de nos têtes. Dans le bleu, au loin un énorme banc de bonites. Un peu plus loin, peut-être un millier de barracudas, et un énorme tazard rode. Il est temps de remonter pour voir ce pour quoi nous sommes réellement venus: les mobulas. Donc sur cette plongée, vous passerez énormément de temps sur le mouillage entre 20 et 6m à attendre ces soi-disant "petites" raies manta couleur olives. Quand même 3m d'envergures, la mobula. Et puis elles viendront et tournoieront autour du mouillage avant de repartir. Le temps de manger un sandwich sans fromage et on repart. Le courant est très fort maintenant, c'est bien pour voir des raies, par contre un gars devant moi avec un caisson video est en train de s'essoufler en ayant voulu aller à l'avant du bateau où est le mouillage sans se tenir sur le bout. Le nombre de plongées où j'ai vu des mecs s'essoufler, être emportés par le courant pour ne pas avoir respecté la consigne la plus simple qu'on donne dans ces conditions: ne pas lacher le bout. Donc je prends son caisson en plus du mien , je le rattrape et il décide d'abandonner pendant que moi, je poursuis mon chemin vers le mouillage. Au fond, même topo sur la seconde plongée sauf que les raies sont là pendant 20min. Respirant le moins avec un autre gars, on ne sera plus que deux à la fin sur notre mouillage. La dernière vision du site que j'aurais sera des balistes anormalement proches de la surface... en train de poursuivre pour capturer au final... un poisson sanglier !!






Les monstres...

Au retour on croisera des dauphins qui joueront devant le bateau histoire de conclure une journée particulièrement excitante qui donne qu'une envie retourner aux Açores.

Il y a d'autres sites comme celui-ci, des sites à manta, des sites à requins, à visiter à d'autres périodes. Bref, mine de rien, les Açores constituent une destination discrète et bon marché où un certain nombre de rêves de plongeurs peuvent s'accomplir. De retour en France, un de mes collègues passera me voir pour me demander comment était le voyage et me posera la question suivante "au fait, est ce que tu as vu des poissons sangliers ?".
 
Suivant >
Powered by CastorCorp