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"Lost in the Thilas" Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
12-03-2014. Lu 1804 fois.

Quand j'ai su que j'allais repartir une nouvelle fois pour les Maldives, j'étais excité en repensant à ma précédente croisière presque trois ans auparavant riches en requins, mantas et où j'avais enfin pu rencontrer cet animal mythique qu'est le requin baleine. Je me rappelle aussi de ces images du bateau se faufilant à travers les passes des atolls durant une belle semaine de douceur. Début décembre 2013, j'étais donc de nouveau sur le départ, cette fois pour le second voyage "plongeur.com" avec pour programme la rencontre avec les requins et mantas à bord du Princess Haleema, l'un des deux bateaux opérant aux Maldives pour Seafari. Jusque là tout allait bien. De toute façon, sur le papier, tout ne peut qu'aller bien quand on est dans un petit paradis aquatique.

 

 









Au final, je ne peux m'empêcher de penser à ce documentaire "Lost in la Mancha" (Perdu dans la Mancha) où tout semblait s'acharner durant le tournage d'un film de Terry Gilliam au point que le film ne vit jamais le jour. Ici la croisière a heureusement bien eu lieu mais il faut bien admettre que le second voyage plongeur.com n'aura pas été sous la même bonne étoile que celle qui avait accompagné le séjour précédent en Mer Rouge. Il y a eu des problèmes d'organisation dès l'enregistrement des bagages jusqu'au moment où le bateau nous a déposé à l'aéroport de Malé avec 16-17h d'avance sur notre avion. Sans compter les mantas qui, dans une nature où tout n'est jamais convenu d'avance, ont joué à cache-cache et sans oublier aussi la très mauvaise chute suivie du rapatriement compliqué d'un des participants, rapatriement qui en soi pose des questions sur le fonctionnement des assurances à l'étranger.

Je pourrais m'étendre longuement sur les couacs de ce voyage mais mes compagnons de voyage ont eu l'occasion de le faire au sein de notre forum et directement avec les organisateurs, qui au final, ont proposé des dédommagements.

Bref, tout ceci a laissé un goût amer alors que la destination était paradisiaque à son habitude et initialement je me suis demandé s'il ne fallait pas simplement ne pas publier de compte-rendu. Et puis, je me suis rappelé d'un voyage précédent, plus loin, plus cher et où les prestations n'avaient pas été à la hauteur de ce qui avait été vendu. Et je me suis rappelé que parfois la déception, la colère occultent le plaisir qu'on a eu sous l'eau. Car en dépit des problèmes sur ce séjour, il y eut de bonnes voire de très bonnes plongées dans l'ensemble car les Maldives restent toujours une destination plongée merveilleuse, propices à de belles rencontres.

Sur ce séjour, nous avons pu faire 3 plongées par jour soit 16 plongées durant les 5 jours et demi de croisière, entrecoupés par de succulents repas. Les participants étaient pour la plupart bien équipés pour ramener des images, que ce soit des photos ou des videos et pour ceux venus sans appareil photo ou caméra, Plongeur.com et UW Distribution avaient mis à disposition 3 caméras Gopro dont 2 étaient la nouvelle série 3+ et les accessoires qui allaient bien comme la platine, les filtres et des petites lampes.

Côté parcours, nous étions censés aller vers les atolls du nord... nous avons été finalement dans les atolls de Malé Nord, Malé Sud, Rasdhoo, Ari et Vaavu donc un parcours central classique de nombreux croisièristes.



Ce parcours était en théorie plus propice à la rencontre avec les seigneurs des mers locaux, le requin baleine et les raies manta. A cette période de l'année, observer les mantas peut s'avérer très compliqué. En effet, il y a deux moussons distinctes aux Maldives. La mousson du sud-ouest appelée Hulhangu va de Mai à Octobre alors que Iruvai, la mousson Nord-Est va de Décembre à Mars. Novembre et Avril sont donc des périodes de transition qui débordent parfois sur le mois précédent ou suivant. Les moussons influent sur la présence de plancton, la nourriture des mantas et autres animaux pélagiques. De fait, les mantas effectuent durant les intermoussons des migrations soit vers le nord ou le sud, notamment vers l'atoll d'Ari et ne sont donc pas forcément sur les sites à manta habituels. Sous l'eau, un des signes persistant de cette intersaison a été pour nous la présence de deux masses d'eaux différentes comme pour ces thermoclines bien visibles en été sur nos côtes sauf que la température était la même des deux côtés. Au final, la conséquence de tout ceci est que les mantas ont fait des apparitions très rares et limitées à chaque fois à quelques participants à une exception nocturne près.

D'ailleurs, nous étions censés les voir dès la première plongée de réadaptation à "Sunlight", le lendemain de notre arrivée, où pendant une heure nous les avons vainement attendues. Cette attente sur un "manta point" me rappelle d'autres sites similaires dans d'autres océans où le scénario est toujours le même: un fond de sable, près d'une passe avec quelques patates de corail qui constituent la station de nettoyage, les nettoyeurs étant de petits labres. Comme sur ces sites, ici, quand on a rien à faire à part attendre, on finit tôt ou tard par trouver d'autres petits sujets comme les anguilles jardinières qui au loin ondulent leur corps et sont autant de point d'interrogation, peut-être sur le sens profond de l'attente en plongée.

 


Il y a aussi des rasons qui vaquent à leurs occupations sur le sable. Les patates sont colorées et entre l'atelier manucure improvisé par quelques crevettes et les petits récifs, le temps passe finalement plutôt vite. 60 minutes plus tard, sans la moindre manta, il est temps de remonter. Pendant le palier, l'attente de notre palanquée sera récompensée par le passage rapide d'une petite manta. La seconde plongée nous amènera à "Bodu Hiti Thila". Sur cette plongée on verra nos premiers requins pointe blanche le long d'une pente douce. Le récif offre un bon éventail de la faune marine maldivienne avec par endroit des gaterins en plus du lot habituel de balistes et murènes très abondantes dans ces récifs.


Alors que nous quittons l'atoll de Malé nord, ces premiers requins sont là pour nous mettre en appétit pour les deux plongées à venir sur l'atoll de Rasdhoo. "Rasdhoo Madivaru" fût dans le passé un site où l'on raconte que l'on pouvait rencontrer des requins marteaux au petit matin. La dernière plongée de la journée nous alignera au bord d'un tombant pour observer de gros requins gris faire des va et vient devant nous. Le récif est coloré et poissonneux. Les seigneurs des lieux rôdent. A côté de moi, je remarque un petit poisson scorpion feuille qui semble admirer le spectacle avec nous.


On restera pendant une vingtaine de minutes avant de poursuivre la plongée vers une sorte de piste de ski au sable bien blanc. La plongée se terminera sur des petits fonds balayés par un courant de passe bien présent. Le lendemain matin, nous avons replongé sur ce site en espérant rencontrer le requin marteau. Nous ne sommes pas seuls à tenter la rencontre mais à aucun moment, nous ne croiserons la silhouette de ce requin. A la place, on retrouvera la population de requins gris et en bonus une raie aigle imposante qui planera quelques instants au dessus de nos têtes. Le reste de la plongée sera sans surprise.

Nous faisons ensuite cap sur l'atoll d'Ari où nous espérons rencontrer les mantas et peut-être le requin baleine. Je garde de beaux souvenirs de ma précédente incursion dans cet atoll. En attendant les mantas, la première plongée dans l'atoll me ramène sur "Hafsa Thila". C'est une roche au milieu de nulle part très riche en vie entre ces petits requins qui survolent le récif, la tortue qui broute son corail, les balistes, les bancs de fusiliers jaunes, les poissons clown. On observera aussi une squille. Pas de raie manta au programme sur ce site mais on verra au loin une petite raie aigle.

L'ultime plongée de ce troisième jour est une expérience nocturne atypique dans le lagon de "Fesdu". Durant l'après-midi, l'équipage a installé sous une pluie battante des spots à l'arrière du navire. A la nuit tombée, on se glisse dans nos équipements pour partir plonger sous le bateau. Le fond est fait de sable extrêmement fin qui n'aide pas à améliorer la visibilité déjà pas terrible au moindre mouvement parasite. A peine installé qu'une manta fonce sur moi. Ca commence bien. En fait, il ne se passera pas grand chose durant la majeure partie de cette plongée hormis un platax inquisiteur et quelques calmars interloqués par la lumière de nos phares au fond de l'eau. Mais quand même, occasionnellement, une manta passe dans le faisceau des phares, faisant un beau ballet entre le fond et la surface.


Au bout d'une heure, on fera le palier près de l'arrière du bateau avec la manta. Pendant la soirée, le ballet continuera à l'arrière du bateau. Même si on est loin des ballets que j'avais observé de jour, avec de l'eau claire, lors de ma précédente croisière, c'est une expérience intéressante qui aura permis de voir de très près les mantas pendant une grande partie de la soirée.

Le soleil est revenu en ce quatrième jour et nous commençons la journée par "Maalhos thila", un tombant coloré. On y trouve des surplombs, des coraux mous, des bancs de fusiliers jaunes énormes, quelques requins. C'est une plongée sans prétention mais très sympathique car très colorée, l'absence de courant et l'eau très claire.


La seconde plongée a lieu à "Panetone". Ce site est habituellement un manta point composé d'une longue pente récifale qui s'étend de façon interminable à l'horizon avec un plateau à 30m qui précède une autre pente qui s'enfonce ensuite dans les profondeurs de l'océan indien.



Dans le bleu, on croise du pélagique entre les thons, les barracudas et des raies aigles. On en verra 7-8. On croisera aussi deux tortues, des poissons napoléons mais à aucun moment, nous ne verrons de mantas là où 3 ans plus tôt elles étaient présentes. La dernière plongée de la journée nous amènera à "Dhiggah thila". Je n'avais jamais entendu parler de ce thila jusqu'à présent et c'est en soit une révélation car le site présente de nombreuses facettes. Pour notre groupe la plongée a commencé un peu bizarrement sur fond de sable à perte de vue, en pente. On est assez loin de la pente récifale qui mène au sommet du thila car on cherche des requins gris.


J'ai découvert durant cette plongée qu'il y a des stations de nettoyage pour les requins. Les sélaciens rodent, font demi-tour et à un endroit particulier du récif se mettent dans une posture de nettoyage pendant quelques secondes puis repartent et recommencent. C'est un spectacle particulier, assez loin de l'image traditionnelle du requin qui passe le long du récif. On remonte ensuite le long d'une pente qui comporte beaucoup de surplombs et qui est parcourue par de nombreux poissons, pour déboucher finalement sur le plateau composé de nombreuses tables de corail. La journée se termine par un exposé très intéressant sur la biologie des requins. Cette présentation est particulièrement bienvenue compte tenu de la journée à venir. En attendant, la journée se termine tranquillement sur une plage en pleine nuit avec un barbecue et un buffet.

 


Le cinquième jour, nous avons du lourd de prévu avec un nouveau manta point et surtout deux plongées "requins" particulières. La première plongée me ramène à "Rangali Madivaru". Il y avait plusieurs mantas trois ans plus tôt et je me dis qu'on arrivera peut-être à en voir enfin de jour sur ce site. Malheureusement, non. On croisera des petits requins pointe blanche, une raie aigle, un poisson scorpion mais aucune manta. Cette plongée était un peu la plongée de la dernière chance puisque c'était l'avant dernier site de l'atoll d'Ari. Le dernier site me ramène à "Sun Island" à nouveau à la recherche du requin baleine sur la pente externe de ce long atoll. 3 ans auparavant, il nous a fallu 3 heures de recherche en surface suivies d'une plongée épique où nous avions pu croiser 2 requins suffisamment profonds pour dépasser la profondeur d'usage du nitrox de nos bouteilles.


Là il n'y a pas eu de recherche quasiment puisqu'un groupe faisait du palmage avec l'un de ces géants. Malgré une préparation à l'arrache, j'ai le coup de bol de pouvoir sauter suffisamment près du requin pour ramener des images correctes grâce au grand angle de la Gopro. Mine de rien, on s'imagine le requin baleine comme un animal lent mais quand vous êtes en plongée, même avec des palmes de chasse, la lente ondulation du corps de ce mastodonte ici de 6 mètres est suffisante pour vous distancer assez rapidement. L'excitation retombée, on continuera la plongée accompagnée par la faune habituelle du récif notamment une paire de tortues et une pastenague.


On quitte Ari pour l'atoll de Vaavu où nous avons une plongée de nuit prévue à "Alimatha". Les requins nourrices jusqu'à présent étaient dans ma tête des requins qui dormaient sous les rochers, du moins pour ceux que j'avais vu dans les Caraïbes. Alimatha c'est une plongée nocturne qui donne le tournis, une de ces plongées à éviter si vous avez peur des requins ou à faire absolument pour vous en guérir car outre les grosses pastenagues et autres raies indiennes, les carangues qui vous frôlent, il y a des dizaines voire des centaines de requins nourrices dont certains font peut-être deux à trois mètres. Ils sont partout et vous frôlent suffisamment pour qu'occasionnellement vous sentiez le contact de leur peau. Cela reste des animaux inoffensifs, qui par moment se frottent au sol comme le ferait un animal domestique. Mais se sentir entourés d'autant de requins et de si près, c'est très "spécial".


C'est un spectacle magnifique qui se termine par un palier de sécurité tout aussi "spécial" en pleine eau entouré par un mur de requins. Le temps est passé extrêmement vite et on peut comprendre qu'il faille être particulièrement vigilent ici sur le suivi de sa consommation d'air tellement le spectacle est hypnotisant.

Le lendemain matin, nous avons plongé de l'autre côté de l'île sur "Miyaru Kandu", une passe propice à l'observation d'espèces pélagiques. Pour ma part, j'ai vu des requins gris et des pointes blanches. Et aussi une énorme raie pastenague qui faisait la voiture balai dans la passe. En remontant le long du récif, le sable était bien blanc et avec le soleil, cela donnait de très belles couleurs au site. Une tortue a fait le palier de sécurité avec nous.

 


La plongée suivante me ramène dans l'atoll de Malé Sud près de l'île de Guraidhoo. Dans l'esprit "Lost in la Mancha", des fois des plongées ratées restent mémorables. Sur celle-ci appelée "Guraidhoo corner", notre groupe n'a jamais trouvé le site. Différents soucis dans le groupe ont fait qu'en descendant dans le bleu et avec l'aide du courant dans la passe, le groupe s'est perdu. Au loin, on entendait les cliquetis de dauphins. De plus en plus fort. Si bien que l'on s'est retrouvé à un moment à les contempler pendant qu'ils passaient au dessus de nos têtes en surface. Quelques instants plus tard, on croise dans le bleu une petite raie manta. Bon la plongée n'était pas si mauvaise en fin de compte. La dernière plongée a eu lieu sur "Medhu Faru". Après une petite dérivante où un napoléon d'une taille appréciable nous a tenu compagnie quelques minutes, nous sommes arrivés à un poste d'observation de requins. Le spectacle de va et vient des requins peut devenir répétitif au bout d'un moment si bien que j'ai davantage apprécié la dérivante à l'arrivée avec son napoléon et la dérivante au départ avec des tortues, un beau tombant coloré, un couple de balistes titan gardant férocement leur espace "aérien" et même un poulpe de passage. Ensuite, nous sommes allés sur l'île de Guraidhoo. L'île est une succession de boutiques de souvenirs dont certaines au mobilier rutilant.


C'est le dernier jour. Le matin nous accomplissons la dernière plongée sur "Kandhooma thila", un autre site de nettoyage de requins qui me permettra de filmer de meilleures images que sur Dhiggah Thila de la séance "dentiste" des requins. Le sommet du thila était également intéressant avec sa faune classique colorée et une énorme tortue verte clôturer les plongées.


De retour au bateau nous avons commencé à ranger le matériel pendant que le bateau arrivait sur Malé. L'après-midi, nous avons eu droit un tour guidé de la ville, du moins le tour classique pour touristes entre la Mosquée, le marché aux poissons, aux fruits, le magasin de souvenir et le café pour se réhydrater. Je l'avais déjà fait et l'intérêt était juste ici de pouvoir acheter quelques souvenirs. En soirée, l'équipage nous a servi un diner maldivien pour clôturer le voyage. Le lendemain matin, nous avons quitté le bateau à 7h00. En ayant un avion à 23h50 sauf pour deux participantes plus chanceuses, on peut dire que la journée fût longue pour le groupe. L'aéroport de Malé est sans intérêt et l'option évidente fût d'aller à l'hôtel de l'aéroport acheter un package "day-use" qui offre un accès à la piscine, un repas et l'internet... mais pas de chambre. Quoiqu'en disent les brochures de certains voyagistes, il n'y a beaucoup de plaisir, même au bord d'une piscine, à buller une journée à attendre un avion. Bref, cette journée fût à mettre dans la liste des couacs de ce séjour et à oublier rapidement. Le vol retour sur Turkish Airlines s'est en tout cas très bien passé comme à l'aller.

Entre couacs qui agacent et de beaux souvenirs en plongée, ce voyage fût une "expérience". Mon regard sur les Maldives n'a pas changé et le répertoire de plongées possibles semblent illimité sur cette destination. Il est certain que je vais y retourner prochainement, à nouveau en croisière, certainement à un autre moment et sur un autre parcours, non pas qu'il soit mauvais bien au contraire, mais parce qu'avec un bon milliers d'îles, il reste autant de thilas, passes et tombants à visiter, de quoi y faire beaucoup de plongées et de rencontres !

 
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