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Croisière en Californie Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
02-11-2008. Lu 3813 fois.
A la faveur d’un séjour aux Etats-Unis près de Boston, j’ai décidé de faire un petit détour sur le chemin du retour par la Californie. Ok ok j’ai un sens du temps et de l’espace assez particulier mais la perspective de revenir plonger dans cet état fabuleux qu’est la Californie était trop tentante et c’était sans doute encore plus tentant d’aller explorer le sud de l’état que je ne connaissais pas. En effet, jusqu’à présent, j’avais fait la partie nord avec la Baie de Monterey, une bonne cent cinquantaine de plongées, quelques plongées sur la côte inhospitalière de Big Sur et donc là j’ai testé Santa Catalina Island au large de Los Angeles ainsi que deux plongées assez inhabituelles sur le retour.

Après deux vols séparés par une pause à Washington, me voici à Los Angeles. Venant d’un coin assez froid, le Massachusetts, la grosse veste chaude devient subitement trop chaude. Sur place, Captain Gary et Liz, mon amie de San Francisco qui a tout organisé, m’attendent pour m’emmener au bateau à San Pedro, le Psalty V. Là j’ai rencontré Michelle, une habituée de Monterey et retrouvé Jim, un autre échappé du Monterey Express parti depuis s’installer à San Diego. Content de retrouver/rencontrer tout ce petit monde. On a discuté un peu du passé, du présent avant d’aller chacun se pieuter pour être en forme pour le futur week-end.
 
Samedi : Quelque part vers Avalon
 
Ce matin, après une bonne nuit de sommeil, le bateau a quitté le port pour rejoindre l’île de Santa Catalina. Outre Gary, l’équipage est composé de Zack, son fils et Blair un autre plongeur. Le dernier membre est KO, le chien qui doit être l’un des rares chiens sur terre à s’être fait mordre par un requin. 
 
On croise sur la route des cargos, on voit au loin les plateformes de forage. La traversée est tranquille. Après une grande tasse de café, on prépare le matériel lentement mais surement. Etant nécessairement limité en poids en avion pour des plongées en eau froide, ramener du matériel video était assez difficile de mon côté mais Liz m’a prêté son caisson HDV comportant une caméra Sony HC3, un fisheye Inon et 2 phares Salvo de 35W HID. Bon faire les valises avec l’étanche, la wing, détendeur c’était pas super simple pour tout faire tenir juste dans un sac mais bon y’a pas eu de soucis.

Santa Catalina, c’est super aride. On se croirait en plein Far West… En fait, on effectivement très à l’Ouest dans une ambiance méditerrannéenne pas désagréable. On saute à l’eau à Long Point. Bon l’eau est clairement méditerranéenne question couleur et visi mais ça a pas trop suivi question température malgré le tropical 18°C pour la région. Au début il n’y avait pas grand chose. Normal pour du sable. Ensuite il y a eu la foret de kelp et d’immenses bancs de petits pélagiques : maquereaux et vraisemblablement sardines. Le kelp ici mesure jusqu’à 25m de long/haut. A cette période de l’année, le kelp est très dense et quand on parle de forêt on parle bien d’algues qui mesurent une dizaine de mètres de haut avec des frondes qui font ½ mètre.
 

 


Ces immenses bancs de poissons forment de véritables autoroutes dont le tracé suit la limite de la forêt ou parfois change avec le passage d’un cormoran… sous l’eau.
 
 
Puis on aperçoit les premiers poissons garibaldi. Habitué des castagnoles méditerranéennes qui ont la même forme, ce pomacentridae est beaucoup plus gros en comparaison et surtout d’un orange flashy. Il est aussi relativement curieux. Au cours du voyage on les verra gouter l’équipement ou poser pour le photographe ou vidéaste.
 

Retour au bateau après 72 minutes de plongée (ça commence à faire frais) avec une pointe à 17m (de toute façon y’a que du sable en dessous). « Papa » Gary nous a préparé un copieux petit déjeuner. Les blocs se regonflent par magie pendant qu’on mange ce qui est pratique puisqu’on repart à peine le petit dej enfourné.
 
Cette fois on nage un peu vers la pointe qui laisse place à un léger courant. On descendra globalement jusqu’à la limite du sable. Je m’arrête à 27m. On commence à voir des gorgones. Une langouste, un poulpe et une murène, pas une wolf eel, cette blennie de plus d’un mètre et très allongée qu’on trouve couramment dans le nord pacifique mais une « vraie » murène. Le kelp est super dense et les poissons toujours aussi présents. La plongée durera 62min. A la remontée on croisera des poissons plats et ce que je pense être un petit flétan de 50cm (je dis petit car le flétan est beaucoup plus gros en général).
 
Pause de midi (ok il est déjà 14h) avant d’entamer la dernière plonge de la journée à Torquoa. Plusieurs bateaux étant sur le site, on est ancré loin du site sur un fond de sable. Toujours excitant pour les uns (en général, un seul, moi), toujours déprimant pour les autres. Bon pendant un instant, j’ai l’impression d’être à Lembeh car il y a des squilles qui se baladent sur le fond. La couleur est différente. Bizarrre…
 

On nage, on nage mais on ne voit pas grand chose dans 7m de fond sur un fond de sable assez plat dans la pénombre de la nuit qui arrive doucement. Le pinger acoustique étant sous la coque du bateau, au pire on pourra revenir au bateau sans refaire surface. Finalement, une bonne ame se décide à aller faire le point en surface et prendre un cap. On arrive dans la forêt de kelp. Dense. Toujours aussi riche en Garibaldis. Je croise mon premier giant kelpfish. Comme son nom ne le laisse pas supposer ce poisson ressemble un peu à une feuille de kelp de la couleur à la forme.
 
 
Le retour au bateau fût long. On peut même dire très long. Le pinger clignotait dans le vert visiblement à plus de 50m du bateau. Normal. Terrain dégagé. Au final, une autre bonne âme finit par faire surface et aller dans la même direction que celle indiquée par le pinger. Ca se tient. Plongée à max 18m pour un temps de 62minutes.
 
Le soir, on a permission de sortie pour aller diner. Le bateau nous dépose au port d’Avalon, petite station touristique un peu artificielle avec toutes ses boutiques et son casino mais pas désagréable à parcourir. Retour ensuite au bateau pour aller s’ancrer pour la nuit à Long Point.
 
 
 
Dimanche: Ballades en forêt
 
On devait aller à Ship Rock, un rocher un peu exposé et riche en gorgones mais la météo étant bizarre, on s’en tient à un site près de la côte, Indian Rock, un petit îlot à l’abri. La première plongée pré petit dej a duré 74min avec une profondeur maxi de 16m. Un beau mélange de roche et de kelp. Là aussi énormément de petits pélagiques. Liz verra au loin une énorme raie chauve-souris. Michelle, un phoque et petit requin « horn shark », globalement l’équivalent local de nos roussettes . Jim et moi on verra surtout des petits pélagiques. Plongée très agréable.
 
Après le petit déj, je pars explorer avec Liz l’autre côté de l’îlot. On se met à l’eau vers la pointe et on s’enfonce rapidement dans une forêt de kelp très dense. Le genre de coin on peut s’empetrer facilement dans ces algues. La progression est lente mais nous permet d’apprécier la beauté de cette forêt dans de l’eau très claire.
 

On croise d’autres plongeurs bouteilles dont des chasseurs. Alors qu’on va ressortir de la fôret il y a un petit horn shark qui se repose sur le fond. Il n’est pas effrayé par la vidéo ni par la photo.
 

On ressort de la forêt pour être entraînés au final par un courant qui nous ramène vers la côté et une zone assez dépourvue de kelp. Au final, on retrouve rapidement le bateau. Sur cette plongée, on est descendu à 15m pour un temps de 52min.
 
Après le déjeuner cette fois on va sur un tombant/éboulis , « seafan grotto ». Le point fort de la plongée c’est un mur couvert de gorgones jaunes avec une petite grotte. On croisera aussi une langouste de très bonne taille.
 



De mon côté, j’ai des fuites sur l’étanche donc sur cette plongée de 51min j’ai eu un peu froid. La profondeur maxi était de 28m. La partie supérieure du site comporte une forêt de kelp assez dense, suffisamment dense pour perturber la transmission du pinger. M’enfin le pinger a quand même permis de retrouver le bateau sans problème. En marge de la forêt, il y a des éboulis qui aboutissent sur un fond de sable. Je suis resté plutôt à l’aurée en espérant apercevoir au lieu une bestiole intéressante sur le sable. Nada.
 
Pendant que Jim décide de se faire une 4ième plongée, on se repose pour une plongée de nuit pas loin d’Avalon et moi je me sèche et tente d’essorer mon dessous de combi étanche. Je n’ai jamais plongé de nuit en Californie. Une première. La nuit tombe et un pélican traîne près du bateau ce qui excite KO.
 
A la nuit tombée, on saute à l’eau pour découvrir une zone sableuse comportant quelques petites rascasses qui ressemblent pas mal à nos rascasses méditerrannéennes. Soudain une énorme raie chauve-souris sortie de nulle part passe devant nous. Probablement plus d’un mètre d’envergure. Impressionnant.
 

On finit par trouver la roche où se baladent ça et là des langoustes. Zack qui se balade, m’appelle pour signaler un gros horn shark. Sympas.
 

<p align="justify">La plongée se poursuit. Je finis par croiser un poulpe sur le sable, visiblement Octopus Rubescens. Je repars vers la roche où il y a ensuite un poulpe plus gros qui se pointe. C’est pas super fréquent à Monterey les poulpes. En repartant vers le bateau, je croise une autre espèce de raie bizarre, la guitare de mer, à mi chemin entre une raie et l’ange de mer. Elle est suivie par une petite raie.
 


Retour au bateau sur un fond de sable en pleine nuit donc le pinger sera là encore pratique. 56min pour cette plongée avec une pointe à 14m. Pour le repas du soir, papa Gary nous préparera patate, mais et poulet.
 
 
 
Lundi : Dans l’ombre d’Eureka
 
Aujourd'hui nous rentrons et nous avons pris la route d'un site de plongée assez spécial:
 
 
Les deux dernières plongées ont été pour le moins uniques en leur genre puisqu’il s’agissait de plonger sous la plateforme de forage Eureka dont la structure metallique repose sur un fond de plus de 200m, en plein océan. Donc un site exposé aux courants, à la houle qui peut vous projeter contre les structures, à la faune du large, avec peu de possibilités d’appui puisque suffisamment profond pour être « sans fond » sans oublier le passage des énormes navires d’appui à la plate-forme. La visi est également réduite, l’eau étant verte et bien plus fraîche. Sur la route on croisera une baleine bleue pendant plusieurs minutes ainsi que des dauphins. Entre les deux plongées, un petit requin bleu passera en surface.
 
Concrètement après un briefing un peu plus élaboré que d’habitude, le bateau s’est rapproché de la plateforme pour nous larguer, l’ancrage à la structure étant interdit. On se rassemble en surface avant de descendre dans les eaux vertes et sombres sous les yeux d’otaries qui se reposent sur les structures metalliques. L’ambiance est surréaliste vu que le champ de vision oscille entre le noir de l’abyme qui nous sépare du fond, la lumière réduite du fait de la structure et les formes géométriques des piliers de la plateforme. On nage le long des piliers pour finalement émerger de l’autre côté où il y a beaucoup d’anémones plumeuses (metridium), de moules, d’ophiures et de corynactis. D’énormes poissons aussi, notamment sheepheads, rockfishs et autres poissons garibaldi qui cotoient des bancs de petits pélagiques. Magique.
 

Après le remplissage des blocs avec du nitrox 25, le surpresseur oxy ayant aspiré les derniers bars de la bonbonne d’oxy et un chocolat chaud, retour aux choses serieuses.
 

Seconde plongée du coté corynactis. Je suis descendu à 27m jusqu’à la seconde barre transversale (ça fait un peu but de terrain de foot je sais) . La visi était meilleure mais l’eau n’était plus qu’à 14C et étant assez humide du fait de ma combinaison sèche moyennement plus sèche, avec un temps sans palier devenant misérable, j’ai pas trop poussé. Cela dit, voir ces tubes qui s’enfoncent dans une eau claire et sombre ça renforce l’idée de l’abyme en dessous de nous. L’ambiance est disons très station spatiale.
 

 
On est remonté vers 6m où une otarie est venue nous dire bonjour avant de repartir se frotter le dos contre les piliers couvert de moules.
 

 
Il est temps de rentrer au port à San Pedro, le temps d’apprécier un burger. L’aprèm, on passera du temps à tenter de secher le matériel avant de tout remballer. Le soir on a été boire un coup puis diner avant une dernière nuit sur le Psalty.
 
D’une manière générale, j’ai beaucoup apprécié ce voyage. Très très relax. Plongées illimitées. Le temps n’était pas optimal mais ça n’a pas impacté énormément le planning. On craignait initialement que les plongées sur la plateforme de forage soient compromises. Je regrette de n’avoir pas vu de Giant Seabass, un poisson énorme mais cela donne une raison de recommencer dans le futur. Le bateau est lui-même bien amenagé pour être jusqu’à 6 dessus. Le pont arrière avec l’échelle permettent les entrées et les sorties des plongeurs et du matériel photo sans le moindre soucis. L’équipage est un bon exemple de ce que le mot « cool » veut dire. La journée coute 200$ avec éventuellement un supplément nitrox en fonction du nombre de plongeurs inscrits. Un pourboire de 15 à 20% est la norme. A quatre c’était grand confort malgré le bordel des équipements photo/videos. On était un groupe assez homogène en terme d’expériences et d’attente donc là aussi pas de soucis. Bref, très bon voyage, un peu en dehors des sentiers battus en terme de destination francophone.
 
D'autres photos/captures d'image video sont disponibles en cliquant sur le lien suivant .
 
Et la vidéo est ici: 
 

 
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